PARTAGER

SHAFAQNA – Oumma : Mue par un nationalisme revanchard, Beatrix von Storch, la vice-présidente du parti conservateur Alternative pour l’Allemagne (AfD), adoucit rarement ses propos fielleux et ne se plie pratiquement jamais à l’exercice des excuses publiques, jugé un peu trop déshonorant pour la haute idée qu’elle se fait d’elle-même.

Aussi, quand l’incarnation de la ligne dure de l’AfD, farouchement opposée à l’accueil des réfugiés sur le sol allemand, sauf s’ils sont chrétiens, consent à tempérer ses ardeurs et à battre sa coulpe publiquement, cela devient un véritable événement de l’autre côté du Rhin !

Après avoir démarré l’année sur les chapeaux de roue en signant un tweet islamophobe ignominieux, en guise de vœux adressés aux « hordes d’hommes barbares, musulmans et violeurs », s’attirant les foudres de la police de Cologne qui l’a accusée « d’incitation à la haine », Beatrix von Storch s’est empressée, trois mois plus tard, de s’engouffrer dans la brèche tragique de l’attentat de Münster pour l’attribuer à des « extrémistes islamistes ».

Lire aussi: Le président allemand veut s’entretenir avec les musulmans de son pays

Dans une Allemagne fortement commotionnée par cette nouvelle attaque meurtrière à la voiture-bélier commise samedi dernier, en plein cœur d’une localité située au nord-ouest du pays, la numéro 2 de l’AfD n’a pas hésité à couper court aux spéculations qui allaient bon train dans les heures qui ont suivi le drame pour asséner sa vérité des plus tendancieuses. Une vérité qui n’a pas résisté à l’épreuve de la réalité…

Non contente d’avoir tweeté frénétiquement que les auteurs étaient des « extrémistes islamistes », puis, à mesure que le profil du criminel ou du « terroriste de l’intérieur » se dessinait un peu plus, qu’il s’agissait d’un « imitateur de la terreur islamiste », elle a également pointé du doigt la seule responsable du désastre à ses yeux : la chancelière Angela Merkel, vouée aux gémonies.

Aveuglée par sa haine pathologique des musulmans, Beatrix von Storch a, fait rarissime, reconnu sa terrible erreur de jugement sur Twitter, après avoir subi l’affront cuisant d’avoir été démentie par les faits : l’auteur de l’attaque, qui s’est suicidé, était un Allemand de 49 ans « souffrant de troubles psychiatriques » et n’ayant aucun lien avec le terrorisme islamiste. D’ailleurs, l’horreur de son acte est restée sans revendication.

« J’ai fait une erreur avec mon tweet sur Münster et j’en suis désolée », a-t-elle écrit sous l’opprobre général, non sans avoir décoché une petite flèche empoisonnée à l’attention de son ennemie jurée, histoire de sauver la face : « Je ne veux pas être comme Angela Merkel qui n’admet pas ses erreurs ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here