Un documentaire sur les tensions confessionnelles en Birmanie censuré

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SHAFAQNA – Un documentaire sur les tensions confessionnelles en Birmanie, pays marqué par un puissant nationalisme bouddhiste, a été censuré, a annoncé jeudi le festival de cinéma de Rangoun qui voulait le projeter.

Le comité de censure du ministère de l’Information “nous a dit que ce film ne pouvait pas être montré en public pour des questions culturelles et religieuses”, a déclaré à l’AFP Min Htin, le fondateur du festival.

“J’ai vu ce film et je ne vois pas en quoi il pourrait susciter des conflits interreligieux”, a ajouté ce responsable du Human Rights Human Dignity International Film Festival.

Ce documentaire de 18 minutes est intitulé “Sittwe”, comme le nom de la capitale de la région Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie, où les tensions ont fait de nombreux morts, notamment musulmans, en 2012.

Plus de 100.000 membres de la minorité musulmane des Rohingyas continuent d’y vivre dans des camps.

L’ex-opposante Aung San Suu Kyi est au pouvoir désormais depuis plus d’un an, mais son bilan est déjà très contesté, notamment quant à la liberté d’expression.

Elle est très critiquée, notamment à l’étranger, pour son extrême prudence sur la question des Rohingyas de l’Etat Rakhine.

“Je comprends que le sujet de l’Etat Rakhine est très sensible”, a réagi Jeanne Hallacy, l’auteure américaine du documentaire interdit, soulignant que l’idée de son film était de “créer le débat”.

L’armée birmane a lancé en octobre dernier une offensive d’envergure dans l’Etat Rakhine (ouest) où vivent les Rohingyas, après des raids meurtriers de groupes armés contre des postes-frontières.

Cette campagne de plusieurs mois a abouti, selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, à un “nettoyage ethnique” et “très probablement” à des crimes contre l’humanité.

Haïs par une partie de la population, à 95% bouddhiste, les musulmans rohingyas sont considérés comme des étrangers en Birmanie et sont victimes de multiples discriminations.

Dans l’Etat Rakhine, des milliers d’entre eux vivent dans des camps depuis des violences intercommunautaires en 2012 entre bouddhistes et musulmans, qui avaient fait près de 200 morts.

Source : orange.fr

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