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fr.shafaqna - Un documentaire revient sur la tuerie au Centre culturel islamique
Le producteur, Tariq Syed, a expliqué au Soleil que l’équipe de tournage avait notamment donné la parole à Aymen Derbali, qui a perdu l’usage de ses jambes après avoir été atteint par sept balles du présumé tireur, Alexandre Bissonnette.

SHAFAQNA – Le Soleil par DAVID RÉMILLARD : Un documentaire sur la tuerie de la Grande Mosquée de Québec sera diffusé à l’occasion du premier anniversaire du drame. L’Université Laval a été approchée pour qu’il y soit projeté.

Intitulé Your Last Walk in the Mosque (Ta dernière marche dans la mosquée), le documentaire a été produit par DawaNet Canada, une organisation musulmane sans but lucratif basée à Mississauga, près de Toronto. Il sera projeté dans le cadre des activités de commémoration prévues à Québec du 26 au 29 janvier.

La production «détaille les horribles événements de cette soirée [du 29 janvier 2017], à travers les témoignages des survivants, incluant ceux qui ont été gravement blessés», résume le synopsis. Le documentaire a été tourné à Québec au printemps et à l’été.

Dans la bande-annonce, on peut voir des extraits de reportages diffusés dans les heures qui ont suivi l’attaque, des entrevues intimistes avec les survivants qui se trouvaient dans la mosquée et des confidences des proches des six hommes qui ont perdu la vie ce soir-là, après leur prière. Les familles ont été rencontrées quatre mois après les événements.

Le producteur, Tariq Syed, a expliqué au Soleil que l’équipe de tournage avait notamment donné la parole à Aymen Derbali, qui a perdu l’usage de ses jambes après avoir été atteint par sept balles du présumé tireur, Alexandre Bissonnette. Le titre du documentaire est d’ailleurs inspiré de ses propos recueillis alors qu’il était toujours sur son lit d’hôpital. «Je marchais dans la mosquée. Je ne marche plus», peut-on l’entendre dire.

M. Derbali, qualifié de héros pour avoir attiré l’attention de l’assaillant pour sauver ses camarades, a fait les manchettes récemment. Une campagne de financement pour trouver une maison adaptée à sa condition a été lancée en décembre par DawaNet. Elle a recueilli à ce jour 253 500 $ provenant de près de 3000 donateurs.

Le documentaire explore également «le fait que le Centre culturel islamique de Québec [CCIQ] était une cible de crimes haineux dans le passé, ce qui soulève des questions sur comment protéger les communautés dans une ère où le sentiment anti-musulman est grandissant».

Collectes de dons

M. Syed a dit espérer recueillir des dons lors des différentes projections. Une partie de la somme doit être versée à la communauté musulmane de la capitale. Le documentaire sera entre autres présenté en première à Toronto, le 25 janvier.

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Les six paires de bottes des victimes sont toujours à la mosquée. / FOURNIE PAR DAWANET,TARIQ SYED

L’Université Laval a confirmé avoir été approchée pour accueillir la projection du documentaire, ainsi que d’autres activités, le 27 janvier. Rien n’est toutefois encore complètement ficelé. L’Université Laval fait partie des discussions entourant les commémorations depuis un certain temps. «Il est important pour l’Université Laval d’être présente et d’offrir son soutien à la communauté musulmane qui est étroitement liée à la vie sur notre campus», a dit la porte-parole Andrée-Ann Stewart. L’une des victimes de la tuerie, Khaled Belkacemi, était professeur au sein de l’institution.

Communauté fragilisée

Le Soleil s’était entretenu plus tôt en décembre avec Amira Elghawaby, militante pour les droits humains et bénévole chez DawaNet. Cette dernière se désolait alors de l’essoufflement du soutien populaire, mais surtout de celui des élus, 11 mois après la tuerie. «On a vu les gens se rassembler tout de suite après», a-t-elle dit, rappelant les vigiles et les élans de solidarité. «Nous avons besoin que cette majorité silencieuse sorte à nouveau et influence les politiciens», a-t-elle plaidé. Elle s’inquiétait aussi de la montée des discours d’intolérance partout au pays, citant entre autres La Meute au Québec et l’influence du président américain Donald Trump.

Elle-même présente à Québec cet été — DawaNet a maintenu une visite mensuelle à Sainte-Foy depuis la tuerie —, Mme Elghawaby a senti que la communauté musulmane de Québec était fragilisée. «Le traumatisme est très sévère et est encore bien présent. […] Ils ont peur d’être oubliés.»

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