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SHAFAQNA – Saeed Tavoosi Masroor * | traduit par SHAFAQNA

Introduction

L’Afghanistan est un pays voisin de l’Iran, plus de 99% de sa population est musulmane, dont 25 à 30% sont des chiites duodécimains, environ 3% des ismaélite et le reste des sunnites. Actuellement il n’y a pas de recensement exact de la population Afghanistan, mais on estime qu’il y a environ 25 à 30 millions de personnes. Selon ce comptage, ce pays devrait contenir entre 6 et 7,5 millions de chiites.

Bien que le pèlerinage (ziyarat) soit courant parmi les musulmans et n’appartienne pas aux chiites, les chiites suivant leurs Imams (a.s.), considèrent que le pèlerinage est très important. Dans le patrimoine chiite, il y a un certain nombre de livres contenant les invocations à lire lors de la ziyarat qui nous sont parvenus des Imams (a.s.), par exemple ziyarat “Amin-ou-llah” dont cheikh Toussi (Mesbah al-Matahejid, p 738-739) et Sayed B. Tawoos (T.2, p.272-277) l’ont rapporté de Jaber Jo’fi de l’Imam Baqer (a.s.) de l’Imam Sajjad (AS). Ou bien ziyarat “Jami’a Kabira” Que l’Imam Hadi (a.s.) l’a enseigné à Moussa ben Abdoullah Nakhaee (Sadouq, 2, p 609-618, Toussi, Tahzib al-Akkam, t6, p 95-102). L’imam Hadi (a.s.) suivant le chemin des autres imams (a.s.), en particulier l’Imam Zain al-Abidinne (a.s.) qui, par le biais des invocations, faisait passer ses enseignements aux chiites et aux autres musulmans. Il a défini la culture de ziyarat et les opuscules comprenant ces ziyarats comme un moyen d’enseigner les hautes connaissances d’Ahlul-Bayt (a.s.). Les grands érudits chiites, promoteurs de l’école Ahlul-Bayt (a.s.), encouragent également les chiites à faire la ziyarat, en plus de l’accomplir eux même, par exemple, Cheikh Abdullah Mamaqani (décédé en 1351) écrit : “La ziyarat fait partie des adorations recommandées dans la Shari’a, bien plus que ça, il est dit que dans la ziyarat du saint Prophète (p.s.l), si tout le monde s’abstient d’y aller, alors il faudrait contraindre un groupe à le faire (p.747).” Quel chiite ne souhaite pas visiter Médine ? Rendre hommage en faisant ziyarat au Prophète (P.S.L) et aux Imams d’Al Baqi’ (A.S), ainsi qu’aux Imams en Iraq et à Machhad al-Redha (A.S), ceci fait partie des aspirations des chiites d’Afghanistan qui tentent de visiter ces lieux une ou plusieurs fois durant leur vie. En Afghanistan, les pèlerins de l’Imam Redha (A.S), appelé “Zowar” qui veut dire visiteurs, auraient été un titre socialement privilégié, mais aujourd’hui, comme le nombre de pèlerins du 8ème Imam est si abondant, ce titre n’est plus un privilège spécial, mais les titres “Hajji” et “Karbala’i” gardent toujours leurs privilèges.

La ziyarat ne se limite pas au Prophète (P.S.L) et aux Imams d’Ahlul Bayt (A.S), mais, non seulement le pèlerinage des descendants et compagnons des Imams (A.S) est répandu parmi les chiites, mais la ziyarat de chaque croyant pieux est aussi recommandé (Mamaqani, p. 804). L’ayatollah Sayed Ali Qadhi (RA), qui était très attentif au ziyarat des lieux Saint et souvent il y aller, il sollicité les gens qui habitaient loin de Nadjaf Ashraf ou de Karbala, de faire la ziyarat des lieux saint situés près de leurs lieu de résidence, et de fréquenter ces lieux assez souvent. Les chiites d’Afghanistan s’ils n’ont pas accès aux pèlerinages hajj et omra ni l’occasion d’aller sur les sites Saints en Irak et en Iran, ils ne manqueront pas l’occasion de faire la ziyarat des lieux saints sur les terres afghanes. Dans ce qui suit, nous présenterons certains des sanctuaires chiites les plus importants en Afghanistan.

 

1) Mazâr-e Charîf

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Un magnifique sanctuaire avec deux dômes turquoise, dans une ville du même nom (le centre de la province de Balkh), que les Afghans appellent le sanctuaire Sakhi ou Sakhi Jan ou Sakhi Shah. Les gens ordinaires, en particulier les Sunnites croient que, celui qui est enterré dans ce mausolée c’est Amir al-Mu’minin Ali (A.S).  Et les Chiites et les Sunnites viennent de loin et de près pour le pèlerinage et faire la ziyarat.

Sur le haut de la tombe près de la tête du côté sud, un poème est sculpté par Abdurrahman Jami, qui est :

 

Il est dit que Mortedha Ali est à Nadjaf

A Balkh, venez voir quelle demeure honorable c’est

Jami ne dit pas à Aden ni entre les deux monts

Le soleil est un et sa lumière est de chaque côté

 

Il existe trois récits concernant ce sanctuaire ; Le premier récit, qui est un récit populaire, dit que le corps sacré de l’Imam Ali (A.S) a été mis sur le dos d’un chameau, et le chameau est arrivé à l’endroit actuel de Mazâr-e Charîf et s’est agenouillé à cet endroit, et l’Imam Hassan et l’Imam Hussein (A.S) ont enterré le corps sacré dans cet endroit.

Le seconde récit, connue des savants et même des historiens d’Afghanistan, dit qu’à l’époque de Mansour Dawaniqî, les partisans d’Amir al-Mu’minin (AS), de peur des Kharijites, ont retiré le corps sacré de la tombe et l’ont éloigné de Nadjaf jusqu’à ce qu’ils puissent le ramené au près d’Abou Mouslim Al Khorasanî, ce dernier amena le corps sacré à Balkh et l’a enterré là-bas, puis il a caché la tombe.

Jusqu’au IXe siècle, cette tombe était restée secrète, jusqu’à ce qu’un ou plusieurs darwish rêvèrent simultanément que l’Imam Ali (A.S) a été enterré à cet endroit. Abdul Rahman Jami ainsi que d’autres nobles gens ont approuvé les dits des derviches et construisirent la tombe. Il existe plusieurs endroits “Qadamgah” sur le chemin qu’emprunta le cercueil sacré de Nadjaf à Balkh dans la région du grand Khorasan. Comme Qadamgah du Shah dans la province de Maâb, et le lieu de pèlerinage de Sakhi Jân, et Shah Mardân Jân, … à Marw, Boukhara et Kaboul.

Le troisième récit, qui est la narration la plus vraisemblable, est la tombe où il est gravé en calligraphie Kufi : “ceci est la tombe d’Ali ibn Abi Taleb”, le lieu de sépulture d’un descendant Alawites qui s’appelé Abou al-Hassan Ali ibn Abi-Talib ibn Obeyd-ullah, dont le ligné remonte à Obeyd-ullah Al-A’raj fils de Hussein Asghar, fils de l’Imam Zeyn-al-Abidinne (AS), dont le nom et le surnom et le nom de son père était le même que celui de son grand-père, Amir al-Mu’minin Ali (AS). Le célèbre généalogiste du neuvième siècle, Jamal al-Din Ibn Anabeh, l’avait nommé ainsi “Sayed Fadhil Abou Hassan Balkhi” ainsi que “Ali ibn Abi Talib Abou Hassan Naqib Balkh”. Le grand Ayatollah Ma’rachi Nadjafi généalogiste contemporain a également confirmée cette opinion accepté par certains érudits de Mazâr-e Charîf. Et la plupart des chiites en Afghanistan considèrent que celui enterré dans ce sanctuaire n’est pas l’imam Ali (as). En tous les cas, Mazâr-e Charîf est un lieu qui relie les sunnites et les chiites, et les sunnites demande guérissant au propriétaire de ce sanctuaire sacré, qu’ils considèrent comme Amir al-Mu’minin Ali (AS).

Chaque année, à la veille du nouvel an (Nowrouz), une cérémonie appelée “Touq Afshani” est tenue au mausolée de Mazâr-e Charîf, qui est la plus magnifique des cérémonies de “Nowrouz” nouvel an, dans l’ensemble de l’Afghanistan. Des dizaines de milliers de personnes dont la majorité est sunnites y participent. Un drapeau est hissé au haut qu’on appelle “touq de l’Imam Ali (A.S)”, et tout le monde est rassemblé sous ce drapeau, et dans ce rassemblement qui durera quarante jours les gens auront recours à l’adjuration d’Amir al-Mu’minin (A.S). Les soufis sunnites prêtent également beaucoup d’attention à Mazâr-e Charîf, et dans les chambres de ce sanctuaire, des “majles dhikr” assemblés d’évocations y sont organisés.

A l’extérieur de la cour, il y a aussi un lieu de sépulture dans lequel Sayed Abdullah Zarbakhshi Khârazmi un descendant de l’Imam al-Kadhim (AS) y est enterré. Il y a bien longtemps, Mazâr-e Charîf était un village nommé Khawaja Khayrân, et on entendait par Khaja Khayrân, le même Sayed Abdullah.

 

2) Le sanctuaire de Sakhi à Kaboul

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Sur les pentes du mont Ali Abad (Kart-e-Sakhi) dans l’ouest de Kaboul, il y a un magnifique sanctuaire construit au le nom de Sakhi (Imam Ali), et les gens y vont pour la ziyarat tous les jours. Sur le mur de ce sanctuaire il y a une inscription, dont le résumée dans son contenu est : Ahmad Shah Dorani, en 1180, a transféré un tissu appartenant au saint Prophète de l’Islam (PSL), de Feyzabad à la capitale de la province de Badakhshan à Kandahar. Quand il est arrivé à Kaboul, afin que les habitants de Kaboul puissent voir le tissu, il est resté pendant huit mois en ce même endroit. Les porteurs du tissu sacré ont rêvé pendant trois nuits consécutives que l’Imam Ali (la paix soit sur lui) est venu et posa son épée sur un rocher derrière le sanctuaire, puis il pria avec un groupe de croyants et leur a conseillé de construire une tombe en son nom ici même. Le lendemain, les porteurs du Tissu Moubarak ont ​​vu la même pierre fissurée de la grandeur et par crainte de Dhu-l-fikar épée d’Amir al-Mu’minin (AS), cette roche jusqu’à maintenant porte le nom de “rocher Dhu-l-fikar”. Le premier édifice a été construit par Ahmad Shah Dorani, maintenant connu comme lieu de pèlerinage de “Sakhi Shah Awliya”. Le Tissu sacré est conservé aujourd’hui à Kandahar dans un sanctuaire appelé Tissu sacré, mais, compte tenu de l’influence des talibans à Kandahar, les chiites sont moins susceptibles de s’y rendre. La tombe d’Ayatollah Mir Ali Ahmad Hojjat, un chef spirituel des chiites de Kaboul au début du XXe siècle, se trouve également dans le sanctuaire de Sakhi.

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À la veille de Nowrouz, le sanctuaire Sakhi célèbre une cérémonie semblable à celle célébrée à Mazâr-e Charîf et le bannière au nom de ce Hazrat est mis en place. Les chiites et sunnites participent largement à la cérémonie, en évoquant “Ali madad”. Les pèlerins de Sakhi célèbrent la nuit de Nawroz avec des récits faisant l’éloge d’Amir al-Mu’minin Haider (AS) et ceci jusqu’à la matinée.

Dans la colline de Salam, près du sanctuaire de Sakhi, il y a une mosquée et l’école Mohammadiyeh l’une des plus importantes écoles d’érudits chiites en Afghanistan, fondée par Shahid Ayatollah Seyed Sarwar Vaez Behsudi pour les trois fractions chiites: Sadats, Qizilbashs et Hazaras.

 

3) La tombe de Yahya ibn Zayd à Sarpol

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Yahya ben Zayd ben Ali Ben Al-Hussein (A.S) a émigré à Khorasan car il s’opposer au système oppresseur des Omeyyades et a finalement été tué par les mains d’un des agents de banni Omeyya en 125 A.H à Jawzjan, au nord de l’Afghanistan.

Aujourd’hui, on a construit autour de sa tombe un monument historique, que les Afghans appellent le pèlerinage de l’Imam Khord, est l’un des sanctuaires les plus importants des chiites d’Afghanistan dans la ville de Sarpol, chef-lieu de la province de Sarpol, et les gens viennent de près et de loin pour la ziyarat, ce qui a donné la splendeur à la ville.

 

* Chargé de cours et chercheur d’histoire en Iran.

** This article was originally published in in Persian in Nos. 31 and 32 of Zamaneh Magazine.

*** L’article original en persan contient des références (cliquez ici).

 

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