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SHAFAQNA – Ouest France l par Pierre Fontanier : « Quand on n’est pas d’accord, on en discute, on parle. C’est le but de l’atelier. » L’homme qui parle avec sagesse, c’est Hakim Lounici, un musulman de Quimper (Finistère). Il fait partie du noyau dur de l’atelier Bible et Coran. Deux fois par trimestre depuis quatre ans, une vingtaine de musulmans, de catholiques et d’agnostiques se réunissent dans le quartier de Penhars pour questionner et renforcer leur foi. Ou simplement s’informer. Et apprendre. Cet atelier est rattaché à l’association Cultures et religions en dialogues, le Credi 29.

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Ce mardi, dans la mosquée de la rue Paul-Borossi traversée par la lumière, ils sont cinq avec Hakim : Alain-Pierre Condette, catholique, Bassem Hamza, président de l’association cultuelle et culturelle des musulmans de Quimper, Yves Boucher, catholique et Philippe Moysan, prêtre à Châteauneuf-du-Faou après l’avoir été pendant une quarantaine d’années à Oran, en Algérie. Discussion passionnée. Comme au cours de ce fameux atelier qui permet à tous de se côtoyer dans le respect et les différences.

Confronter sa foi pour la conforter

Dans le contexte mondial actuel, c’est loin d’être une sinécure. Au départ, c’était un atelier de lecture du Coran. « Mais après deux soirées d’informations qui ont attiré cent vingt personnes chacune, notre noyau dur s’est dit : et si on creusait ? » Ils ont creusé. Et trouvé. Une soirée tous les deux mois, ils se donnent tour à tour rendez-vous dans cette mosquée, dans la salle paroissiale de l’église voisine, ou à la mosquée turque, route de Douarnenez.

Un thème est choisi à chaque fois. Après le pardon, la miséricorde et autres sujets de profondeur, ils réfléchissent et parlent en ce moment sur la violence. La séance sur la Bible a eu lieu. Celle sur le Coran est programmée au jeudi 22 mars. Entre-temps, le 13 mars, grâce au père Philippe Moysan, ils font venir Jacqueline Chabbi, professeure agrégée d’arabe et spécialiste de l’histoire médiévale du monde musulman. Elle aborde cette religion par le biais de l’anthropologie historique. En quelques mots, « pour retrouver l’histoire, il faut humaniser le passé ».

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Le thème ? « Comment retrouver la figure historique de Mahomet ? » Une deuxième suivra à Brest, le lundi 19 mars, à 20 h, à la faculté des lettres Victor-Ségalen, « Comment lire un texte sacré du point de vue de l’histoire ? » Une conférencière de choix pour l’atelier Bible et Coran, dont l’objectif est de réfléchir et discuter sur les transformations des religions, l’essor des nouvelles formes de spiritualité, l’émergence des questions éthiques, l’actualité et la place de la religion dans la société.

Et à voir le respect et l’engagement dont font preuve ces cinq hommes, on comprend mieux pourquoi « les deux heures de discussion ne suffisent pas, on déborde souvent », en plaisante Alain-Pierre Condette. « En revanche, il faut beaucoup de sagesse pour se respecter, car il y a des sujets à conflit. Cela demande du travail, ce n’est pas facile à réaliser. Mais il faut savoir nager pour aller dans la mer », glisse Hakim. Le résultat est là : en juin, catholiques et musulmans ont rompu le jeûne ensemble lors du Ramadan. « Confronter ma foi m’aide à la conforter », glisse Yves Boucher. Mission accomplie.

Infos pratiques

Mardi 13 mars, à 20 h à l’espace associatif Quimper-Cornouaille, 53, impasse de l’Odet. Entrée libre et ouverte à tous, libre participation aux frais. Ce dimanche 25 février, de 10 h à 17 h, journée portes ouvertes à la mosquée de Penhars, 55, rue Paul-Borrossi.

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