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fr.shafaqna - Quel est le rôle de l’archevêque de Paris ?
Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, préside la messe chrismale en la cathédrale Notre Dame, le 1er avril 2015. / Guillaume Poli/Ciric

SHAFAQNA – LA CROIX par Claire Lesegretain : Parce que Paris est la capitale de la France, le diocèse de Paris n’est pas un diocèse comme les autres.

Avec ses 2,22 millions d’habitants, Paris est, de loin, la ville la plus peuplée de France. Le diocèse de Paris est donc celui qui compte le plus grand nombre de fidèles : on peut les estimer à 111 000 si l’on considère que les catholiques pratiquants représentent, à Paris comme ailleurs, quelque 5 % de la population.

Le diocèse compte aussi près de 1 200 prêtres : environ 500 incardinés à Paris. Autant sont des religieux appartenant à des congrégations ou des instituts ; les autres ne sont pas du diocèse. Ces prêtres desservent les 106 paroisses parisiennes, regroupées en 28 doyennés, ainsi que les nombreuses communautés non paroissiales (aumôneries, missions pour catholiques d’origine étrangère, sanctuaires, chapelles…).

Un lien fort avec tous les prêtres de Paris

Comme ses confrères, l’archevêque de Paris entretient un lien avec tous « ses » prêtres. Il les réunit régulièrement : au cours de la messe chrismale (le soir du mercredi saint, en la cathédrale Notre-Dame), d’une journée de rassemblement du presbyterium en juin ou en septembre et d’une retraite annuelle en janvier réservée aux prêtres en quatrième année de nomination.

Il est aussi le premier responsable de la formation des séminaristes de Paris, et participe chaque année à une rencontre entre les formateurs des séminaires de France et plusieurs évêques.

Le diocèse de Paris est également celui qui compte le plus grand nombre de diacres (108), de religieux (environ 1 250) et de religieuses (environ 2 500). À Paris, on compte en effet quelque 80 communautés religieuses masculines (dont certaines ont charge de paroisse) et environ 140 communautés religieuses féminines.

Du fait de cette importance, l’archevêque de Paris exerce sa mission apostolique avec l’aide de quatre évêques auxiliaires. Actuellement, il s’agit de Mgr Jérôme Beau, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, Mgr Denis Jachiet et Mgr Thibault Verny.

Une exception, puisque seuls les diocèses de Lyon et Strasbourg comptent deux évêques auxiliaires et six autres (Bordeaux, Lille, Marseille, Montpellier, Reims et Rennes) ont encore un auxiliaire.

En relation avec les autorités politiques du pays

Parce que la capitale de la France est le siège du gouvernement, l’archevêque de Paris est souvent celui qui représente l’Église catholique auprès des autorités politiques. Ainsi, début janvier, outre le président et le secrétaire de la Conférence des évêques de France (CEF), l’archevêque de Paris est invité aux vœux du président de la République à l’Élysée.

Il préside chaque année une messe de rentrée des parlementaires à Sainte-Clotilde (église proche de l’Assemblée nationale) et participe aussi à l’instance de dialogue entre le gouvernement et l’Église catholique créée en 2002.

De ce fait-même, il est membre de droit du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF) qui se réunit une fois par mois.

Depuis 2002, le diocèse de Paris a pour suffragants les diocèses de Créteil (Val-de-Marne), Évry-Corbeil-Essonnes (Essonne), Meaux (Seine-et-Marne), Nanterre (Hauts-de-Seine), Pontoise (Val-d’Oise), Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et Versailles (Yvelines). La province ecclésiastique de Paris – Paris étant archidiocèse métropolitain – couvre ainsi la région Île-de-France.

Les évêques des huit diocèses franciliens – avec l’évêque aux armées – se retrouvent six fois par an, le plus souvent au siège de l’archevêché de Paris, installé, depuis 2013, au 10 rue du Cloître-Notre-Dame, sur l’île de la Cité, face à la cathédrale Notre-Dame. Ils se retrouvent également tous ensemble pour une session annuelle de deux jours et une retraite d’une semaine.

Chancelier de l’Institut catholique de Paris

L’archevêque de Paris est statutairement le chancelier de l’Institut catholique de Paris (ICP), de même que les évêques d’Angers, Lyon, Lille ou Toulouse sont chanceliers des instituts ou universités catholiques situés dans leur diocèse. Chaque année, il participe donc à la rentrée académique, aux réunions de la Commission d’orientation de l’enseignement et de la recherche (Comor), à l’assemblée générale des évêques fondateurs, ainsi qu’à la rencontre des recteurs et chanceliers des Instituts catholiques.

Le chancelier est bien évidemment invité aux événements importants de l’ICP. Ainsi, c’est le cardinal André Vingt-Trois qui a béni en juin 2015 la première pierre du chantier de réaménagement de l’ICP, en présence de la maire de Paris Anne Hidalgo et du recteur de l’ICP, Mgr Philippe Bordeyne.

Depuis son inauguration en 2008, l’archevêque de Paris préside le Conseil d’orientation du Collège des Bernardins. C’est lui qui nomme son directeur (Hubert du Mesnil, depuis 2016).

Enfin, l’archevêque de Paris est l’ordinaire des catholiques des Églises orientales résidant en France (1). Le cardinal Vingt-Trois exerce sa mission avec l’aide d’un vicaire général, actuellement Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient.

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