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SHAFAQNA – L’imam Moussa Kazim (as) est né à Abwâ un village entre la Mecque et Médine le dimanche 7 safar de l’an hégire. Et selon ce qui ressort plus dans les documents, il est décédé empoisonné soit en 181 ou 186 ou 188 dans la prison d’Harouna Rachid. Il est inhumé dans le célèbre cimetière de Dahl plus connu sous le nom de cimetière Qoray à l’ouest de Bagdad. Cette localité s’appelle Kazimein actuellement. Sheikh Moufid affirme : « ce lieu dans le passé était l’endroit où on enterrait les Bani Hachim et certains notables des tribus »

L’imamat de Moussa Ibn Jafar

L’un des moyens connu et confirmé pour déterminer un imam chez les chiites duodécimains passent par l’annonce solennelle de l’imam précédent. Il y a aussi des questions et des épreuves qui ne sont pas à la portée d’un homme ordinaire heureusement il existe dans les documents une multitude de témoignages qui confirment l’imamat de l’imam Moussa Kazim ; ibn Saba’ Malek dit : « Abdou a’lâ rapporte de Faydh ibn Moktar qu’il a demandé à l’imam Sadiq (as) : prend ma main et sauve moi de l’enfer en me disant qui est l’imam après toi ? A ce moment l’imam Moussa Kazim (as) est entré alors qu’il n’était qu’un jeun homme. L’imam Sadiq répondit : celui-ci (en pointant Moussa Kazim) est votre imam, attachez- vous à lui »

Sheikh Moufid dit à ce sujet : « Moussa Kazim après son cher père et il devance tous les autres enfants de l’imam Sadiq (as) dans ce sens que tous les mérites et les bontés sont réunis en lui, il existe des textes qui ont été rapportés à son sujet et son père lui-même l’a présenté comme le guide après lui »

Les califes de l’époque de l’imam Moussa Kazim

Son imamat débute ensemble avec l’accession et l’instauration des califes de la dynastie Abbasside. L’imam a entamé son imamat sous le plus despotique et tyrannique des guides usurpateurs. Leur régime était particulièrement lugubre et calme à l’intérieur et on ne notait aucune contestation ni trouble. Ce calme a permis à ceux qui avaient pris le pouvoir d’asseoir facilement leur domination sur les opposants en contrôlant minutieusement leurs faits et gestes.

Les califes Abbassides contemporains à l’imam Moussa Kazim sont :

1- Mansour Dawanaki : il est le 2ème calife Abbasside après son frère Abou Abbas Safâh. Il est connu pour sa jalousie et son avarice. C’est pourquoi on lui a donné le surnom de Dawanaki. Il est également connu pour sa ruse, sa perversité et le manque de loyauté et de respect d’engagement.

2- Mahdi Abbassi : il avait une passion exacerbée pour les divertissements, les parties de plaisirs et les femmes. L’intérêt qu’il avait pour ce genre de chose a poussé son fils Ibrahim à devenir le chef des chanteurs et sa sœur Aliya un membre du groupe de danseurs de Bagdad. Cette dépravation de mœurs est si connue de Mahdi Abbassi et sa famille que le célèbre poète arabe Da’bil Khazai a clamé un poème dans lequel il compare les Abbassides et les Alaouites en ces termes :

« Aliya était des votres ou Bani Hachim

Le chef des musiciens Ibrahim était des vôtres ou des leurs ?

3- Hadi Abbassi : il a accédé au pouvoir alors qu’il n’avait que 25 ans et il faisait partie des ennemis jurés des Ahl ul bayt. C’était un chef pervers et sadique. Sa vie est marquée par le mal, l’orgueil et le manque d’expérience. Son règne fut le plus difficile pour les Ahl ul bayt et les chiites. Le grand historien Mas ‘oudi révèle ceci sur lui dans le livre Mourouj Zahab : il était méchant, immorale et pervers. C’est à l’époque de Hadi que les révolutions et les soulèvements menés par les Hachimites et les Alaouites ont commencé.

L’évènement de « Fakh » dirigé par Hossein ibn Ali est l’un des soulèvements ayant eu lieu à l’époque de Hadi ; l’imam Kazim (as) a soutenu ce soulèvement au point de dire à son leader Hossein ibn Ali qu’il sera martyr de cette cause. L’imam lui recommandait la résistance et l’endurance. L’imam Moussa Kazim (as) lui dit ceci : « Tu seras tué, combat sans relache car les gens et l’armée qui sont en face de toi sont des pervers… » Cette prise de position de l’imam montre clairement la légitimité de ce soulèvement.

4- Harouna Rachid : «Il est connu pour son enrichissement, le gaspillage, la possession des Harem, des chanteuses et des danseuses. Il faisait preuve d’une extrême haine et rancœur envers les membres de la famille du prophète ; il s’employait à les faire disparaitre autant qu’il pouvait. L’incarcération fréquente et l’assassinat de l’imam Moussa Kazim (as) par son agent Sanadi ibn Shahik sont exemples du sentiment d’hostilité qui l’animait.

Imam Moussa Kazim contre Harouna Rachid

Les prises de position de l’imam Moussa Kazim (as) face à Harouna Rachid ; bien que Harouna Rachid était connu pour sa force, sa méchanceté et son hostilité envers les Alaouites en particulier, l’imam Moussa Kazim (as) n’avait aucune considération pour lui et ne le craignait pas. Il le défiait avec bravoure et honneur ; il ne montrait aucun signe de faiblesse dans son engagement et ses responsabilités. L’histoire le témoigne par ces quelques exemples de prise de position de l’imam face à Harouna Rachid

1- Harouna Rachid et la ruse de faire croire qu’il est familier avec le prophète

Khatib Bagdadi rapporte dans son livre d’histoire : « Harouna Rachid se présenta sur la tombe du prophète lors d’un voyage de pèlerinage pour se recueillir spirituellement. Les Qoraychites l’entouraient. L’imam kazim (as) était aussi sur les lieux lorsque Harouna Rachid disait : «Paix sur toi au messager de Dieu, paix sur toi ô cousin ! ».  En disant « ô cousin » Harouna Rachid voulait se vanter des autres par ce lien de parenté. C’est à ce moment que l’imam Moussa Kazim (as) s’adressa ainsi au prophète : « Paix sur toi ô père ! » Harouna Rachid rougit quand il entendit cela et réagit ainsi « Abou Hassan ! C’est ça qu’on appelle vraiment se vanter ! »

2- Délimitation des frontières de Fadak par l’imam Kazim.

Zamakhshari dit «Harouna Rachid dit ceci à l’imam Moussa Kazim : « ô Abou Hassan ! détermine les limites de Fadak afin que je vous le restitue. » L’imam refusa de le faire mais Harouna Rachid insistait toujours. C’est alors que l’imam dit : « Je vais déterminer les limites exactes de ce domaine mais tu ne vas pas nous le restituer. » Harouna Rachid dit : « Où sont ses limites ? Définis-les au nom de ton grand-père. L’imam reprit : « Sa 1ère frontière va jusqu’à Adn ». C’est alors à ce moment que la couleur du visage de Harouna Rachid changea. Continue, dit-il à l’imam. Sa 2ème limite est Samarkand, poursuit l’imam. Harouna rougit davantage. Sa 3ème frontière est l’Afrique, continua l’imam. Harouna Rachid noircit carrément. Continue enjoint-il à l’imam. Sa 4ème limite s’arrête à la Caspienne et l’Arménie. C’est ici alors qu’Harouna dit à l’imam : viens carrément l’installer sur ma place ! S’il en est ainsi il ne reste pratiquement plus rien pour nous». L’imam rappela : « je t’avais dit que si je définissais les limites de Fadak tu ne le restitueras pas » C’est à ce moment que Harouna Rachid décida d’assassiner l’imam.

3- Prouver le lien de parenté avec le prophète.

On relate que Harouna Rachid demanda un jour à l’imam Kazim (as) : « comment dites-vous que vous êtes les enfants du prophète alors que vous êtes les fils d’Ali. L’homme revendique son origine à partir du père et non la mère » l’imam répondit en lisant ce verset coranique : « Et nous Lui avons donné Isaac et Jacob et nous les avons guidés tous les deux. Et Noé, nous l’avons guidé auparavant, et Parmi la descendance (d’Abraham) (ou de Noé), David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. Et C’est Ainsi que nous récompensons les bienfaisants. » Jésus n’a pas de père ; mais il est rattaché à la lignée des prophètes par sa mère. C’est ainsi que nous aussi sommes reliés au prophète de l’islam par notre mère le dame Zahra ». Dieu dit aussi «. A ceux qui Te contredisent à son propos, maintenant que Tu en es bien informé, Tu n’as qu’à dire: ‹Venez, appelons nos fils et les vôtres, nos femmes et les vôtres, nos propres personnes et les vôtres, puis proférons exécration réciproque en appelant la malédiction d’Allah sur les menteurs. » Le prophète n’avait amené qu’Ali Fatima, Hassan et Hossein lorsqu’il allait affronter les chrétiens de Nasara pour une prière de malédiction sur les menteurs.

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