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fr.shafaqna - L’Isrâf ou le gaspillage c'est une act l'interdit dans le Coran et Hadiths

SHAFAQNA – L’Isrâf ou le gaspillage dans son terme arabe «اسراف», signifie un dépassement des limites et la perte de l’équilibre. Cette question a été discutée au niveau de la jurisprudence, de la morale et du Coran qui l’interdit ainsi que les riwayats. Certains ont considéré son interdiction comme un principe essentiel de la religion et d’autres l’ont classé parmi les péchés capitaux.

L’Imam Sâdiq a dit :

لِلمُسرِفِ ثَلاثُ عَلاماتٍ: يَشتَرى ما لَيسَ لَهُ وَ يَلبِسُ ما لَيسَ لَهُ و َيَاكُلُ ما لَيسَ لَهُ

[Traduction]: Le gaspilleur a trois particularités : il achète ce qui n’est pas à sa hauteur, il porte ce qui n’est pas à sa hauteur et il consomme ce qui n’est pas à sa hauteur

Le gaspillage signifie sortir des limites de l’équilibre et avoir tendance à exagérer dans un sens ou dans l’autre. Le terme gaspillage est généralement plus utilisé dans le sens d’ « exagération » et non dans le sens de « manquement » et est considéré comme l’antonyme « d’avarice » et de « parcimonie ».

Le juste milieu et le gaspillage

Le gaspillage est haram, c’est à dire interdit et certains considèrent cette interdiction comme un principe de la religion ou un péché capital.

Dans les livres de règles religieuses, une discussion spéciale au sujet du gaspillage n’a pas été présentée, mais ce sujet a été introduit au cœur d’autres questions concernant les pratiques religieuses, les accords, la juridiction et les statuts des actes selon l’islam. Certains ont rédigé des recueils de règles religieuses sur ce sujet

Le terme Isrâf dans le Coran

Le mot “Isrâf” et ses homonymes sont cités 23 fois dans le Coran et le mot “Tabdhir” qui signifie dilapidation des richesses et ses homonymes sont cités trois fois dans le Coran notamment dans la sourate Isra’ aux versets 26-27 :

« Et donne au proche parent ce qui lui est dû ainsi qu’au pauvre et au voyageur (en détresse). Et ne gaspille pas indûment, car les gaspilleurs sont les frères des diables ; et le Diable est très ingrat envers son Seigneur ».

La différence entre gaspillage et dilapidation

Le mot “Isrâf” a un sens très étendu et concerne toutes les déviations idéologiques, morales, sociales, économiques, mais le mot “Tabdhir” s’applique plutôt aux domaines financiers et économiques.

Le terme “Isrâf”(gaspillage) peut signifier une exagération dans les actes loisibles(mubãḥ), c’est à dire ni recommandés ni déconseillés, comme le fait de trop manger alors que manger dans la mesure nécessaire, est une action permise et même recommandée, ou une consommation déplacée même dans une petite mesure comme le fait de jeter la nourriture qui est interdit même en petite quantité.

Par conséquent, le mot “Isrâf” a un sens qualitatif et quantitatif, mais le mot “Tabdhir” a plutôt un sens qualitatif et concerne une consommation déplacée comme le fait de donner l’aumône à quelqu’un pour l’aider à faire un acte interdit, alors que ce terme n’a jamais été employé pour signifier une exagération dans les bonnes actions comme l’aumône.

C’est pour cette raison que l’Imam Sadiq a considéré cet acte déplacé comme une forme de gaspillage et même pire que le gaspillage.

وَالَّذِينَ إِذَا أَنفَقُوا لَمْ يُسْرِ‌فُوا وَلَمْ يَقْتُرُ‌وا وَكَانَ بَيْنَ ذَٰلِكَ قَوَامًا

[Traduction]: Qui, lorsqu’ils dépensent, ne sont ni prodigues ni avares mais se tiennent au juste milieu.

Le terme “Qavam”(juste milieu) dans le Coran

Le terme “Qavam” qui signifie « le juste milieu » a aussi été cité dans le Coran, et est la limite qui distingue une consommation correcte du gaspillage en fonction de la raison, des règles religieuses ou de la coutume.

Le gaspillage qui est toujours présenté comme une exagération ou un manquement, en opposition aux commandements divins, est en relation directe avec la corruption, car il est responsable d’un déséquilibre et de la corruption c’est pour cette raison que le gaspillage qui détruit les possibilités et les possessions de l’être humain, est en arabe l’homonyme du terme “Sorfa” qui signifie « le ver qui ronge l’arbre de l’intérieur »

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