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SHAFAQNA – Cette vérité historique est sauvegardée dans les livres d’histoire et dans les hadiths. Les grands dignitaires sunnites comme Ibn Abi Chayba, Al-Biladhery, Ibn Qotaibah, etc, la reconnaissent.

La profanation de la demeure de la vénérée Fatima Zahra (bénie soit-elle) et sa mort en martyre :

A ce propos, nous y relatons des affirmations tirées des livres sunnites pour démontrer que la question de la profanation de la demeure de la noble Fatima et les événements qui l’ont suivi par la suite est un fait historique avéré et qu’ils ne relèvent pas d’un mythe ! Et même si à l’époque des Califes on avait imposé une censure exceptionnelle sur tous les écrits des savants et érudits, cependant selon l’adage « la vérité d’une chose est sa gardienne », cette vérité historique est relatée, exprimée et sauvegardée dans les livres d’histoires et dans les recueils des hadiths. En ce qui concerne ces livres et récits, nous tenterons ici de respecter un ordre chronologique depuis les premiers siècles jusqu’à l’époque contemporaine.

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1- Ibn Abi Chayba et le livre « al-Musannaf »

Ibn Abi Chayba (159-235 de l’Hégire) affirme dans son al-Musannaf que :  Lorsque les gens ont fait allégeance avec Abou Bakr, Ali et Zoubayr s’entretenaient et se consultaient, dans la demeure de la vénérée Fatima (bénie soit-elle). Omar Ibn Khattab a eu vent de ces entretiens et il s’est rendu à la maison de la vénérée Fatima. Il lui a dit : « O ! Noble fille du Prophète, ton père est l’être qui nous est le plus cher au monde et après lui c’est toi. Mais Je jure devant que cette affection ne m’empêchera pas d’ordonner de mettre le feu à ta maison si ces personnes s’y rendent » puis il s’en alla. Lorsque l’Imam Ali (béni soit-il) et Zoubir sont arrivés, la noble fille du vénéré Messager de l’Islam (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants) leur a dit : « Omar est venu ici et il a fait le serment d’y mettre le feu si vos entretiens s’y poursuivent. Dieu m’est témoin qu’il fera ce qu’il a dit !».[1]

2- Al-Biladhery et le livre  « Ansāb al-ashrāf »

Ahmad Bin Yahya Bin Jabir Baghdadi Al Biladhery (mort en 270 de l’Hégire) célèbre écrivain et historien relate ainsi cet événement historique dans son livre « Ansāb al-ashrāf » : Abou Bakr a fait chercher Ali (béni soit-il) pour qu’il lui fasse allégeance, mais il s’y est refusé. C’est alors qu’Omar s’est rendu à la demeure de Fatima muni d’une torche. Il a trouvé Fatima au pas de porte de sa maison. Fatima lui a dit : « O ! Fils de Khattab je vois que tu te prépares à incendier ma maison ?! ». Et Omar a répondu ! «  Oui. Et c’est pour aider à une chose pour laquelle ton père a été chargé de la mission prophétique » ! [2]

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3- Ibn Qotaibah et le livre « al-Imamat et al-Siyassat »

Abdullah Ibn Moslem Ibn Qotaibah Dinwari célèbre écrivain et historien de la grande époque islamique (212-276 de l’Hégire) dont « Adab al Katib » et « Tawil mukhtalif al-Hadith » font parties de ses œuvres les plus connues, écrit dans son « al-Imamat et al-Siyassat » : Abou Bakr a demandé des nouvelles des personnes qui ont refusé de lui faire allégeance et qui se sont rassemblés chez Ali. Il a envoyé Omar pour prendre des nouvelles. Ce dernier arrivé devant la porte de la demeure d’Ali (béni soit-il) a appelé tout le monde de sortir. Tout le monde a refusé. C’est à ce moment là  qu’Omar a menacé d’incendier la maison en criant : Je jure devant Dieu à qui je lui dois ma vie que je mettrai le feu à cette maison si vous ne sortez pas de là !».  A ce moment là, quelqu’un lui dit : mais Omar, la fille du Messager de l’Islam, Fatima est dans cette maison ! Et Omar a répondu « Et alors ? »![3]

Et d’Ibn Qotaibah de continuer : « Accompagné par un groupe de personnes, Omar s’est rendu chez Fatima, frappé à la porte. Lorsque Fatima a entendu la voix d’Omar, elle a dit à haute voix : O ! Messager de Dieu après toi, que nous fait-il, le fils de Khattab. Les personnes qui accompagnaient Omar, ont rebroussé chemin, lorsqu’elles ont entendu le sanglot de Fatima Zahra. Mais Omar et quelques uns de ses camarades n’ont pas bougé. Ils ont fait sortir Ali de la maison, et l’ont accompagné chez Abou Bakr. Ils lui ont dit de faire allégeance à ce dernier. Ali a dit que se passerait-il si je refuse. Par Dieu, nous te couperons la tête.[4]

Ces paroles sont certes désagréables aux partisans des Cheikhs cités. C’est la raison pour laquelle certains ont préféré émettre des doutes sur le livre d’Ibn Qotaibah. Or, Ibn Abi al-Hadid, historien arabe affirme que ce livre est bien l’œuvre d’Ibn Qotaibah et il le cite souvent. Malheureusement, le contenu de ce livre a été victime de falsification et l’une de ses parties a été supprimée lors d’une nouvelle édition. Pourtant les mêmes paragraphes précités ont été intégrés dans le commentaire d’Ibn Abi al-Hadid sur « la voix de l’éloquence ».

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« Zarkali » affirme, lui aussi, que ce livre est bien l’œuvre d’Ibn Qotaibah ajoutant que certains Oulémas disent que les doutes émis sur ce livre ne viennent pas de leur part mais de la part d’autres personnes. Elias Sarkis[5] estime lui aussi que le livre en question est écrit par d’Ibn Qotaibah.

4- Les Chroniques de Tabari

Mohammed ibn Jarir Al-Tabari (mort en 310 de l’Hégire) relate ainsi dans ses chroniques, la profanation de la maison de la révélation :

Omar se rend chez Fatima, une torche à la main, il menace même les récalcitrants, lesquels commençaient à se regrouper chez Ali et Fatima, de brûler la maison avec ses habitants si ces derniers refusent de sortir pour faire acte d’allégeance à Abou Bakr. L’effusion de sang est évitée in extremis alors que Zoubayr a déjà sorti son épée de son fourreau. Mais il trébuche et l’épée tombe par terre. C’est à ce moment là que les autres l’ont maitrisé et se sont emparés de son épée.[6]

Cette partie de l’histoire, montre que l’acte d’allégeance au Calife s’est fait sous la menace de l’épée et la terreur. Que vaut-il une telle allégeance ? Peut-on se demander. La réponse est laissée au libre-arbitre du lecteur.

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5- “ al-Aqd al-Farid” de Ibn Abd Rabbah

Shehab-Eddine Ahmad plus connu sous le nom de d’Ibn Abd Rabbah (mort en 463 de l’Hégire)  écrit dans son livre « al-Aqd al-Farid » sur l’événement de Saqifah sous le titre de « ceux qui ont refusé l’allégeance à Abou Bakr » que « Abou Bakr a envoyé Omar à la demeure de Fatima afin de contraindre Ali de faire acte d’allégeance. Omar est arrivé devant la demeure de Fatima et il avait dans sa main une torche. Il rencontre Fatima sur le pas de la porte ; Elle lui dit « O ! Ibn Khattab, es-tu venu mettre le feu à ma maison ? », ce dernier lui a répondu « Oui. Ou alors, prête allégeance à Abou Bakr et fais ce que la majorité de lOummah a accepté».[7]

Jusqu’ici une partie de la décision d’agression et de profanation de la demeure de la vénérée Fatima Zahra (bénie soit-elle) a été relatée. Nous allons donc traiter de ce qui est l’exécution de cette décision.

L’agression a-t-elle été commise ?

Ceux qui ont relaté la mauvaise foi du Calife et de ses compagnons s’y sont arrêtés. Un certains nombre n’ont pas souhaité ou n’ont pas pu éclaircir la suite de cet événement malheureux. D’autres ont levé un coin du voile sur l’agression et la profanation de la maison de la vénérée Fatima (bénie soit-elle). Nous allons ici, faire référence aux preuves de l’agression. (Ici aussi nous allons respecter un ordre chronologique).

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6- Abou Ubayd et son livre “Kitab al-Amwal”

Abou Ubayd al-Qasim ben Sallam (mort en 224 de l’Hégire) écrit dans son livre « Kitab al-Amwal » reconnu comme très fiable par les jurisconsultes religieux musulmans, précise que « Abdel Rahman ben Aouf » a affirmé qu’il est allé rendre visite à Abou Bakr qui a lui adit : «  J’aurais dû ne pas accomplir trois choses que j’ai faites et accomplir trois choses que je n’ai pas faites et J’aurais voulu poser trois questions au Prophète. Les trois choses que j’ai faites et que je n’aurais pas dû sont les suivants: je n’aurais jamais dû offenser la demeure de Fatima je n’aurais jamais dû entrer ainsi en conflit. [8] Arrivé à ce stade du récit,  Abou Ubayd, au lieu de dire ‘pour qu’elle raison, il a trouvé la maison de Fatima et pour qu’elle raison, il s’en est allé’, prononce ces mots : ‘etc. etc.’ et il ajoute : ‘je ne souhaite pas m’exprimer sur le sujet’ !

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Ceci dit, si à chaque fois, Abou Ubayd observe le silence sur la vérité, animé et emporté par certain un sectarisme religieux, les chercheurs qui ont mené des études sur le livre ‘Kitab al-Amwal’ indiquent en notes en bas des pages que les phrases supprimées dans le livre ont été reprises dans le livre « Mizan al-I’tidal ». En outre ‘Tabrani’ dans son livre « Moajam » et ‘Ibn Abi Rabah’ dans son livre « al-Iqd al-Farid’ et d’autres auteurs ont rapportés les phrases supprimées. (Veuillez prêtez attention !)


Référence

[1] – Ibn Abi Chayba; le livre « al-Musannaf :572/8 ; livre ql-Moghazi
[2] – Ansāb al-ashrāf : 586/1, Dar Ma’arif, le Caire
[3] – al-Imamat et al-Siyassat : 12, éd. ?aktaba Tejariyah, Egypte
[4] – al-Imamat et al-Siyassat : 13
[5] – Muajam ul Matbuat al-Arabiyah : 212/1
[6] – Les Chroniques de Tabari : 443/2 ; éd. Beyrouth
[7] – al-Aqd al-Farid: 93/4; éd.maktaba Helal
[8] – al-Amwal: note en bas de page n°4; al-Amwal p.144; al-Aqd al-Farid: 93/4 de Ibn Abi Rabah

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