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fr.shafaqna - Les pèlerins chiites affluent à Kerbala en Irak pour l’Arbaïn
Des millions de musulmans chiites commémorent à partir de jeudi 9 novembre au soir l’Arbaïn dans la ville sainte de Kerbala, dans le sud de l’Irak, l’un des plus grands rassemblements religieux au monde. / Mohammed Sawaf/AFP

SHAFAQNA – La Croix par Agnès Rotivel : En ce 9 novembre, des millions de pèlerins chiites sont en route, à pied et parfois en bus, pour la ville sainte de Kerbala en Irak. De tous âges, ils proviennent de tout l’Irak mais aussi de l’étranger, majoritairement d’Iran.

L’imam Hussein, petit fils du prophète de l’islam Mohammed et fils de l’imam Ali, est au centre dette grande marche de l’Arbaïn (« quarante » en arabe). Le pèlerinage célèbre en effet la fin des 40 jours de deuil consécutif à l’assassinat d’Hussein en 680 par les troupes du calife omeyyade, durant la bataille de Kerbala.

Hussein est le troisième imam chez les chiites duodécimains qui en comptent 12, dont le dernier est toujours attendu.

Les hommes se frappent la poitrine

La fin de cette période de deuil est importante pour les chiites puisqu’elle a marqué le retour à Kerbala des proches de l’imam Hussein, détenus durant 40 jours à Damas, capitale du califat. Une fois à Kerbala, ils ont enterré la tête d’Hussein, qui avait été présentée en trophée au calife Yazid. Un mausolée se dresse désormais à cet endroit.

Conformément à la tradition, les fidèles vêtus de noir et brandissant des drapeaux à la gloire des imams chiites, marchent avec femmes et enfants pendant des jours pour atteindre la cité à environ 80 km au sud-ouest de Bagdad. Une fois à Kerbala, en signe de deuil, les hommes uniquement se frappent la poitrine, certains se flagellent et se couvrent le visage de cendres, comme cela est également le cas pour l’Achoura (10e jour du mois de Moharram), le jour du martyre de l’imam Hussein. Pendant ce temps, les femmes et les enfants pique niquent dans les espaces verts.

Ce pèlerinage, comme celui d’Achoura, est particulièrement populaire depuis la chute de Saddam Hussein qui les avaient interdits. En 2016, entre 17 et 20 millions de personnes avaient participé au pèlerinage, dont trois millions d’étrangers, des Iraniens pour la plupart, selon les autorités irakiennes.

Un pèlerinage sous haute tension

Cette année, plus de 10 millions d’Irakiens sont attendus, ainsi que 30 000 Afghans et 500 000 pèlerins venus de pays arabes, principalement du Golfe et du Liban, indique le gouverneur de Kerbala, Aqil Tourihi. Et, près de « 2,32 millions de visas ont été délivrés » à des Iraniens, selon Chahriar Heydari, porte-parole du comité iranien d’organisation de ce pèlerinage.

Cible des terroristes et des mouvements radicaux sunnites, notamment Daech, l’Arbaïn est comme chaque année mis sous haute protection. Environ 35 000 soldats et policiers ont été déployés, selon la police de la province de Kerbala, de même que 4 000 combattants du Hachd al-Chaabi, coalition paramilitaire formée en 2014 à l’appel de la plus haute autorité chiite du pays, le grand ayatollah Ali al-Sistani.

L’année dernière, des pèlerins, majoritairement iraniens, avaient été visés sur le chemin du retour de Kerbala par Daech, désormais en passe d’être chassé d’Irak. Soixante-dix personnes avaient été tuées par l’explosion d’un camion piégé dans une station-service.

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