Le Rôle Créatif Des Sentiments

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SHAFAQNA – Des facteurs extérieurs stimulent parfois des sensations mentales telles que l’espoir, la peur, l’amour, la haine, etc… Ces sensations s’appellent “sentiments”.

Les sentiments jouent un rôle très important dans la vie humaine. Ils lui donnent fraîcheur, couleur, variété, et l’empêchent de verser dans la monotonie. Ils confèrent un puissant stimulant aux activités créatives et parfois ils stimulent la volonté de l’homme à l’action de telle manière qu’aucun autre facteur ne peut lui résister. Les pulsions sentimentales sont marquées de véhémence et d’un esprit ardent de décision, et elles encouragent l’homme à faire des sacrifices et à supporter les difficultés avec zèle et comme s’il les savourait. Notre vie abonde d’exemples intéressants et séduisants de ces sentiments. Une vrai mère possédant des sentiments généreux reste volontiers éveillée la nuit pour prendre soin de son nouveau-né. Un fils qui a le sens du devoir éprouve un grand plaisir à servir ses parents et n’épargne aucun effort dans ce sens. Une femme dévouée et un mari attentif veut toujours disposés à faire de leur mieux pour assurer chacun le confort et le bien-être de l’autre. Si quelque chose met en danger leur vie familiale, ils luttent héroïquement pour écarter la menace. Un Musulman vaillant sacrifie même sa vie pour défendre la terre de l’Islam et il n’a peur de rien. Dans tous ces cas, le stimulant est une sensation sentimentale puissante qui l’emporte souvent sur les calculs raisonnés, et qui pousse l’homme à ne pas permettre à la raison de toucher à son action sacrificatoire.

Les sentiments authentiques et les sentiments artificiels

Les sentiments de l’homme sont à cent pour cent naturels dans tous les cas où ils sont relatifs à ses désirs personnels. Lorsqu’un homme se sent triste à la suite d’un incident affligeant, impliquant une perte personnelle, ou lorsqu’il se sent heureux d’avoir obtenu un succès, ses sentiments de tristesse, de joie, d’amour sont tout à fait naturels.

Mais comment se sent-il dans les cas où son enfant, son père, sa mère, sa femme, son frère ou sa sœur subissent une perte ou un accident? Dans de tels cas aussi, l’homme se sent normalement triste. Mais l’intensité de son sentiment et la raison de cette intensité ne sont pas les mêmes chez tous les individus et dans toutes les sociétés.

Chez certains individus ce sentiment de tristesse émane d’une sorte de véritable attachement qu’on trouve entre soi-même et ses enfants, ses parents, son épouse, ses frères, ses sœurs et ses amis. Cet attachement est si réel et si fondamental qu’on a l’impression d’éprouver soi-même la perte ou l’accident subis par son fils. Auquel cas nous avons affaire là aussi à un vrai sentiment. Lorsqu’on se trouve dans un tel état, on dépasse son “Moi”. La personnalité s’élargit pour embrasser son enfant, son père, sa mère, sa femme, son frère, sa sœur, ses proches et ses amis. C’est pourquoi, cette sorte de sensation sentimentale est en réalité une sorte de croissance et d’expansion de la personnalité d’un homme. Mais dans le cas de certains individus, la situation est différente. Leur relation avec leur père, leur mère, leur enfant, leur femme, leur frère, leur sœur, leurs proches et leurs amis est fondée sur leur intérêt personnel. Une personne dont l’amour est de cette catégorie aime son père parce qu’il lui donne de l’argent et couvre ses dépenses. Elle aime sa mère parce qu’elle la soigne lorsqu’elle se trouve en mauvaise santé. Elle aime son enfant parce qu’il lui tient compagnie ou parce qu’elle espère qu’en cas de besoin, il l’aidera. Cette personne aime sa femme (ou son mari) parce qu’elle (ou il) satisfait ses besoins domestiques, économiques ou sociaux. Dans tous ces cas, l’amour qu’on montre à autrui n’est pas réel. Il n’est pas comparable à l’amour beau, ardent et pur que les parents éprouvent normalement pour leurs enfants. Une personne qui a seulement un amour artificiel ne se sent pas mal à l’aise si son père, sa mère ou son épouse sont affligés. Elle les aime seulement tant qu’ils lui sont utiles. Le jour où ils ne sont plus d’aucune utilité pour elle, elle les traite pire que s’ils étaient des étrangers. Les années s’écoulent sans qu’elle s’enquière de ses parents, proches ou amis. Ce n’est rien d’autre que la morale, sans âme et mécanique, du matérialisme.

Les sentiments artificiels

La morale mécanico-matérielle ne croît pas à l’amour d’autrui comme à un principe fondamental. Elle le considère seulement comme un moyen de rendre prospère la vie personnelle d’un individu et d’organiser ses relations avec les autres sur la base du maximum d’intérêt personnel à en tirer. Selon elle, nous devons, bien-entendu, nous comporter envers les autres d’une façon polie, observer les coutumes et les manières qu’ils aiment, leur serrer la main chaleureusement, respecter les règles conventionnelles de la conduite personnelle et être toujours respectueux et souriants. Mais pour quelle raison? Non parce que nous les aimerions vraiment, ni parce que nous aurions un plaisir à les avoir comme amis, mais parce que nous voulons nous assurer une meilleure situation sociale et utiliser leur amitié et leur coopération pour atteindre nos propres fins. Cette sorte de morale est une forme d’exploitation. Elle peut être comparée aux services sociaux fournis au travailleur dans les complexes industriels, lesquels services ne sont pas rendus par un réel respect de ses droits, son humanité ou sa famille, mais pour tirer de lui un maximum de travail profitable. Voyez le directeur d’une unité industrielle. Il se comporte poliment avec les travailleurs de son usine et il les fréquente avec chaleur. Il leur accorde une augmentation de salaire, leur rend visite lorsqu’ils tombent malades, et les aide de différentes façons. Mais il ne fait rien de tout cela par amour d’Allah ou de l’humanité. Ni parce qu’il croit à la justice et à l’égalité. Il veut seulement être aimé de ses travailleurs afin de pouvoir en tirer le maximum de travail.

En pareils cas l’attention accordée aux autres n’a pas pour cause le fait qu’ils sont des êtres humains semblables à nous, mais le fait qu’ils “servent mon but”. Ainsi, il y a un autre exemple de la manifestation de l’égoïsme et de l’égoïsme. C’est à cause de mon “Moi” que j’aime être considéré comme un directeur efficace et que je veux qu’on augmente ma paie et qu’on élève mon rang. Ou si je dirige une entreprise que j’ai fondée moi-même, je veux obtenir un plus grand profit, et c’est pour cela que j’attache de l’importance aux bonnes relations entre mes employés et moi.

Dans ces circonstances, la réaction des travailleurs sera d’une nature similaire. Lorsqu’ils rencontrent le directeur, ils lui montrent un respect artificiel accompagné d’un amour encore plus artificiel. Mais au fond de leur cœur, ils n’éprouvent aucun respect pou r ce soit-disant efficace directeur. Ils affichent à son égard une courtoisie artificielle, et pour chaque marque de courtoisie, ils attendant, en retour, une bonne récompense.

Cette sorte d’infrastructure des relations sociales est totalement inacceptable, car dans ce cas tout tourne autour de l’égoïsme et de l’intérêt personnel. Si un jour vient où un homme intéressé trouve que son intérêt n’est pas servi par l’amour des autres, il n’hésitera pas à être indifférent, voire cruel à leur égard, si son but est mieux servi ainsi. Dans de telles circonstances, l’oppression et la sévérité deviendront les principes de sa vie.

De nos jours, il y a des nations qui sont connues pour leurs hautes valeurs éthiques et leurs bonnes relations humaines à l’intérieur de leurs territoires. Mais nous remarquons que chaque fois que les intérêts de ces nations prétendument morales nécessitent l’utilisation des ressources naturelles des autres, ou la mainmise sur les marchés étrangers pour écouler leurs produits industriels, elles n’hésitent pas à exercer toutes sortes de pressions sur d’autres nations, à déclencher des guerres sanglantes, à causer des dévastations, à perpétrer des massacres, et à commettre des crimes haineux. La raison en est que la base de leurs sentiments et les vrais motifs de leur amitié, ou de leur hostilité, ne sont que l’égoïsme et l’intérêt personnel. Nous constatons que ces mêmes nations, après avoir fait une guerre barbare, retournent leur veste, arborent un visage sympathique et se mettent à réparer les pertes causées par la guerre. Elles envoient aide et équipes de reconstruction. Mais en réalité toute leur aide et tous les services qu’elles rendent constituent une part complémentaire de leur guerre. Même les denrées alimentaires qu elles envoient aux peuples affamés d’autres pays n’ont pas pour motif des sentiments purement humanitaires. Cette aide consiste en réalité, par exemple au ravitaillement en combustible d’un générateur d’usine afin que celle-ci continue à tourner et à produire la quantité maximum de biens au bénéfice de son propriétaire.

Les sentiments authentiques

Du point de vue islamique, les sentiments artificiels tels qu’ils sont expliqués plus haut ne peuvent être ni humains, ni islamiques.

Un homme vint un jour voir le Saint Prophète et le pria de lui indiquer le mode de vie qui devrait lui ouvrir la porte du Paradis. Le Saint Prophète dit: «Conduis-toi envers les autres comme tu aimerais qu’ils se conduisent envers toi. Ne souhaite pas aux autres ce que tu n’aimes pas pour toi-même».

Ainsi, selon les enseignements islamiques, on ne doit pas se considérer comme étant à la tête de tous les autres et l’axe de toutes choses. On doit reconnaître aux autres le même statut qu’on se reconnaît à soi-même. Tel est l’enseignement islamique fondé sur la philosophie islamique de l’égalité, selon laquelle tous les hommes sont égaux.

Le Saint Prophète dit:

«La plus haute vertu est d’être juste dans ton jugement, même s’il va à l’encontre de ton intérêt. Regarde ton frère de foi comme un égal et rappelle-toi Allah dans toutes les circonstances».

Telle est la qualité qui constitue le critère de la foi et un motif d’honneur pour l’homme et la société humaine.

Le Saint Prophète dit aussi:

«Rappelle-toi qu’Allah rehausse l’honneur seulement de celui qui observe la justice dans tous les cas lorsqu’un litige l’oppose à d’autres. Un vrai croyant est celui qui observe l’égalité entre lui-même et les gens nécessiteux au sujet de son argent, et qui est un modèle dans son comportement avec les autres».

De même qu’il veut que les autres le respectent lui disent la vérité, l’aident, soient sincères avec lui, respectent ses droits et soient polis avec lui, de même il doit se conduire de la même façon. Lui aussi doit les respecter, être véridique, sincère, et poli avec eux, les aider, et respecter leurs droits, car en réalité, il n’y a pas de différence entre lui et les autres.

Et de même qu’il n’aime pas que les autres abusent de lui, disent du mal de lui, le dénigrent, l’empêchent de réaliser des progrès ou qu’ils soient arrogant avec lui, il doit lui aussi s’abstenir de se comporter mal avec eux. Il doit s’interdire tout acte de transgression et réaliser que les autres aussi sont des êtres humains comme lui. Il doit partager leurs joies et leurs chagrins.

Lorsqu’on avait demandé à l’Imam al-Bâqir (P) d’expliquer le verset coranique:

«Usez envers les hommes de paroles de bonté» (Sourate al-Baqarah, 2: 83),

il a dit:

«Dites aux gens ce que vous aimez le plus qu’ils vous disent».

Selon les enseignements islamiques, l’éthique est tout ce qui fait rapprocher l’homme d’Allah et tout ce qui Lui fait plaisir. Considérons un peu ce hadith: Lorsqu’on avait demandé au Prophète: «Qui est celui qu’Allah aime le plus?», il a répondu: «Celui qui est le plus utile aux autres hommes».

Ainsi, être utile aux hommes et rendre service à la société, tel est le critère de la proximité d’Allah.

Il y a un autre hadith du Prophète qui doit être considéré comme un principe des enseignements islamiques sur les relations sociales:

«Tous les êtres humains sont la famille d’Allah. Allah aime le plus celui qui rend service à Sa famille».

Si nous réfléchissons à ces expressions islamiques, nous découvrons qu’en principe les sentiments sociaux doivent s’étendre de soi-même à la société. Etant donné que tous les êtres humains ont été créés par Un Allah, et qu’ils sont tous Ses serviteurs, ils sont tous égaux. Ils doivent se servir mutuellement, et chacun doit regarder les autres comme il se regarde lui-même. Vu le fait que le fondement de l’Islam est la croyance en l’Unicité d’Allah. Allah doit être considéré comme la principale Source de toutes les activités de l’homme et de toutes ses craintes et espérances. Rendre service à l’humanité, c’est le meilleur moyen de Lui faire plaisir. Le point fondamental de tous les enseignements islamiques est l’adoration d’Allah et le service rendu à l’humanité. L’Islam aspire à former des hommes capables de considérer la serviabilité comme le fondement de la vérité et de la pureté.

Il n’y a pas de doute que l’on peut rendre service aux autres et être poli avec eux pour un motif purement philanthropique. Mais dans ce cas, si les services ne sont pas appréciés, on se sent découragé et l’enthousiasme disparaît. D’autre part, si on rend service aux autres pour l’amour d’Allah, notre attention continue à se concentrer sur la recherche de la satisfaction d’Allah. C’est pourquoi l’homme de l’Islam aime vraiment rendre service aux autres. Il est disposé à faire tout ce qu’il peut faire sans se soucier si les autres apprécient ou non ce qu’il fait. Il préfère souvent rendre service discrètement afin de ne pas être atteint par des velléités d’hypocrisie, ou d’ostentation, et que la personne à qui on rend service ne puisse se sentir humiliée. L’homme de l’Islam rend un service sincère par amour de l’humanité et par dévotion envers Allah. Il fait des sacrifices pour la société et consacre son temps et ses autres potentialités au service des déshérités. Il éprouve un plaisir en faisant des sacrifices, car il le fait pour l’amour d’Allah qui connaît ses intentions et ses bonnes actions secrètes et manifestes.

Ainsi, l’homme de l’Islam est un amoureux de l’humanité. Son amour a une base précieuse qui confère un accent pur et sérieux à sa philanthropie, et engendre un solide lien, de grande qualité, entre lui et les autres.

Les sentiments familiaux

Outre l’amour de l’humanité, qui est un sentiment général de vaste domaine, tout homme a, de par sa nature, un sentiment spécial pour ses parents, ses enfants, ses frères et sœurs et, à un degré moindre, pour ses proches parents. Ce sentiment, qui est un sentiment naturel, constitue un lien plus fort dans une sphère plus étroite. Un exemple caractéristique de ce sentiment est l’amour de la mère pour son enfant.

L’Islam attache une grande importance à cette force constructive et il a toujours essayé de la guider vers la direction droite.

L’un des compagnons de l’Imam al-Çâdiq (P) demanda à ce dernier quels étaient les actes les plus vertueux. L’Imam dit: «C’est accomplir les prières à temps, être bon envers les parents, et combattre sur le chemin d’Allah».

Un autre des compagnons de cet Imam raconte: «Un jour, j’avais dit à l’Imam que mon fils Ismaël se conduisait bien envers moi. L’Imam m’a répondu: “Je l’aimais déjà bien. Mais maintenant je l’aime encore plus”, et l’Imam d’ajouter: “Un jour la sœur de lait du Saint Prophète vint voir ce dernier. Le Saint Prophète en eut un grand plaisir. Il déroula un tapis et lui demanda de s’asseoir. Il continua à lui parler chaleureusement jusqu’à ce qu’elle se fut levée pour dire au revoir. Un peu plus tard, son frère vint, mais le Prophète ne fit pas montre envers lui du même respect ni de la même affection. Les compagnons du Prophète lui demandèrent alors pourquoi il n’avait pas reçu cet homme aussi chaleureusement que sa sœur. Le Prophète répondit qu’étant donné que la sœur avait été plus respectueuse de ses parents, elle avait mérité plus de respect et d’égards”».

Selon un autre hadith, lorsqu’on demanda à l’Imam al-Çâdiq (P) la signification du mot “bonté” dans le verset coranique:

«Faites montre de bonté envers vos parents», 

l’Imam a dit: «La bonté signifie que vous devez vous adresser à eux avec courtoisie et que vous ne devez pas les acculer à vous demander ce dont ils ont besoin, alors qu’ils doivent se sentir toujours indépendants. En d’autres termes, dès que vous sentez qu’ils ont besoin de quelque chose, offrez-le leur. Ne savez-vous pas qu’Allah dit:

«Vous n’atteindrez pas à la piété tant que vous ne donnerez pas en aumône ce que vous aimez». (Sourate Ale ‘Imrân, 3: 92)

L’Imam al-Çâdiq a dit, en outre:

«Allah a dit:

“Incline vers eux, avec bonté, l’aile de la tendresse” (Sourate Banî Isrâ’îl, 17: 24).

Cela signifie que vous ne devez pas leur montrer un visage renfrogné, et que d’autre part vous devez les regarder avec bonté et sympathie. Vous ne devez pas élever la voix plus haut que la leur. Votre main ne doit pas être au-dessus de leur main (en leur donnant quelque chose ou en recevant quelque chose). Lorsque vous les accompagnez, vous ne devez pas marcher devant eux».

Nous remettons la discussion élaborée des droits et des obligations réciproques des parents et des enfants à plus tard. En tout cas, on peut dire brièvement que la responsabilité des enfants couvre aussi bien les questions financières et légales que leur façon de se conduire envers les parents et de leur témoigner de l’amour et du respect. Et surtout lorsque les parents sont vieux ou infirmes, les enfants ont une grande responsabilité. Même après leur mort, les parents ne doivent pas être oublis et les liens avec eux ne doivent pas être coupés.

L’Imam al-Çâdiq (P) a dit: «Qu’est-ce qui vous empêche d’être bons envers vos parents, qu’ils soient vivants ou morts? Chacun de vous doit faire des prières, donner l’aumône, accomplir le pèlerinage et observer le jeûne rituel pour ses parents. Aussi bien eux que vous en recevrez la récompense d’Allah. En outre, Allah vous accordera, à vous, une récompense supplémentaire pour avoir été bons envers vos parents ».

Etre bon envers les proches

Le Commandeur des croyants, l’Imam Ali (P) a dit:

«Maintenez vos relations avec vos proches, au moins par les salutations. Car le Coran dit:

“Faites attention à votre devoir envers Allah! Car vous êtes responsables devant Allah et devant vos proches. Allah vous observe toujours.” (Sourate al-Nisâ’, 4: 1)»

Le Coran dit aussi:

«(Ainsi sont) ceux qui maintiennent les liens qu’Allah a ordonné de maintenir, ceux qui redoutent leur Seigneur et qui craignent d’avoir un mauvais compte». (Sourate al-Ra’d; 13: 21)

Être bon envers les proches parents produit un effet favorable sur sa propre vie.

L’Imam al-Bâqir (P) a dit:

«Le maintien de bonnes relations avec les parents améliore la moralité, rend généreux, purifie l’âme, augmente les moyens d’existence et accroît la longévité».

Il est évident que les bonnes relations avec les parents ont deux aspects: premièrement, l’amour et l’affection morale, et deuxièmement l’aide financière et d’autres formes de soutien et d’assistance. Ces deux aspects s’opposent à l’égoïsme, et produisent par conséquent un effet constructif. Ces sacrifices (qui valent à une campagne contre l’égoïsme individuel, engendrent un résultat constructif, et assurent la pureté de l’âme.

Lorsqu’un homme montre de l’affection envers les autres, ceux-ci la lui rendent, et lui rendront service un jour. Ce soutien lui permettra d’obtenir des facilités pour prospérer et progresser. Donc l’augmentation des moyens de subsistance et la prolongation de la vie se trouvent ainsi assurées.

En outre, la prolongation de la vie, résultat du fait d’être bon envers les parents par le sang, peut être un de ces effets spirituels dont Allah a investi les bonnes actions.

Même si nous laissons de côté lesdits effets dans ce monde, il n’y a aucun doute quant à la récompense à en tirer dans l’autre monde.

L’Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«Le maintien de bonnes relations avec les proches parents, et le fait d’être bon envers eux, rendent facile l’examen des comptes dans l’autre monde et empêchent de commettre des péchés. C’est pourquoi nous avons intérêt à garder de bonnes relations avec nos proches parents et à leur faire du bien, au moins en les saluant chaleureusement et en répondant chaleureusement à leurs salutations».

A l’opposé, rompre les relations avec les proches parents est aussi mauvais que résilier le pacte avec Allah et répandre la corruption sur la terre. Une telle action entraîne de très mauvaises conséquences. Le Coran dit:

«Ceux qui violent le pacte d’Allah après l’avoir ratifié, ceux qui coupent les liens qu’Allah a ordonné d’établir, ceux qui sèment la corruption sur la Terre, ce sont eux les perdants». (Sourate al-Baqarah, 2: 27)

L’amour des voisins

Ceux qui vivent en voisinage ont beaucoup de droits les uns sur les autres. Certes, il ne fait pas de doute qu’il n’existe entre eux aucun lien naturel ou familial, mais le fait de vivre les uns à côté des autres, de se rencontrer souvent, et de faire connaissance les uns avec les autres crée un droit. En outre, les voisins ont beaucoup d’autres intérêts communs que les autres n’ont pas.

Si des personnes vivant dans un immeuble font trop de bruit, jettent des ordures hors de leur maison, installent la gouttière de leur toit de sorte que l’eau coule dans le passage que les autres empruntent, ou si elles s’adonnent à des activités sociales inconvenables, ce sont les voisins qui souffrent de leur conduite incorrecte.

Donc le voisinage rassemble un nombre d’individus et plusieurs familles, et crée des problèmes communs à eux tous. C’est pourquoi ces gens, qui sont liés les uns aux autres, ont des devoirs et des obligations spécifiques les uns envers les autres, et ils doivent s’en acquitter pour pouvoir mener une vie paisible et responsable.

Voici une partie des instructions que le Saint Prophète Mohammad a données à sa fille, Fâtimah al-Zahrâ’ (P).

«Celui qui croît en Allah et au Jour de la Résurrection ne doit pas nuire à son voisin; celui qui croît en Allah et au Jour de la Résurrection doit respecter son hôte; celui qui croît en Allah et au Jour de la Résurrection doit dire de bonnes choses ou se faire».

Nous constatons qu’une attention particulière est accordée en Islam au respect des droits des voisins, et que ce respect des voisins est considéré comme un signe de la foi. Il est vrai que la vraie foi ne saurait exister sans le respect des droits des voisins.

Le Saint Prophète a dit:

«Celui qui dort rassasié alors que son voisin a faim ne croît pas en moi. Allah ne considère pas favorablement les gens d’un pays dans lequel une personne dort le ventre creux».

Un homme parmi les Ançâr (les Partisans médinois du Prophète) vint voir le Prophète un jour pour lui dire qu’il avait acheté une maison dans une rue, et que son voisin de porte n’étant pas un homme bon, il craignait une mauvaise action de sa part. Le Saint Prophète demanda alors à Ali, Salmân, Abou Tharr, et une autre personne (dons le rapporteur de cet incident dit qu’il ne se rappelle pas le nom – il s’agit probablement de Miqdâd) d’aller au Masjid pour proclamer à haute voix que:

«Celui dont le voisin craint de sa part une mauvaise action n’est pas un vrai croyant ».

Les personnes désignées allèrent au Masjid et crièrent trois fois cette proclamation. Puis le Prophète leur fit un signe de la main et dit que les habitants des 40 maisons d’en face, des 40 maisons de derrière, des 40 maisons de droite et des 40 maisons de gauche doivent être considérés comme des voisins.

Vu ce qui précède, ces instructions morales de l’Islam ne doivent pas être considérées comme marginales ou comme de simples formalités sans grande importance. Ce sont des instructions fondamentales, si enracinées dans la foi que leur violation en ébranle le fondement même.

Pour éviter la méchanceté d’un voisin, on doit user, autant que possible, de méthodes discrètes et pacifiques. Si elles s’avèrent inefficaces, on devrait, alors seulement, recourir à des moyens plus violents, car on doit en tout cas résister à la méchanceté. Toujours est-il qu’on doit prendre soin de ne pas faire face à la méchanceté par une plus grande méchanceté.

L’Imam al-Bâqir (P) a dit:

«Un homme est venu se plaindre auprès du Prophète d’un voisin qui lui causait des tracas. Le Prophète lui a conseillé de patienter. Il est revenu quelques jours après pour renouveler sa plainte. Le Prophète lui a encore demandé de patienter. Il est venu une troisième fois, toujours pour la même raison. Le Saint Prophète lui a dit alors: «Le vendredi, lorsque des groupes de gens vont à la Prière de Jum’ah, sors les meubles de ta maison dans la rue et dis aux gens que tu évacues ta maison parce que tel ou tel voisin te cause des ennuis.

»L’homme s’est exécuté. Un grand nombre de gens sont venus écouter ses doléances. Les nouvelles du mécontentement des gens à cause de l’attitude du voisin indélicat sont parvenues aux oreilles de ce dernier. Il est allé immédiatement présenter ses excuses au plaignant, et l’a prié de rentrer ses meubles dans la maison, en l’assurant qu’il ne le dérangerait plus à l’avenir».

La fraternité spirituelle

Selon la logique de l’Islam la fraternité de foi est l’unité la plus enracinée qui puisse créer des relations et des responsabilités.

L’Imam al-Çâdiq (P) a dit:

«Chaque croyant est un frère de foi pour chaque autre croyant. Ils sont comme un corps dont toutes les autres parties se sentent mal à l’aise si une partie est souffrante. Les âmes de deux croyants jaillissent d’une seule âme. Toutes les deux sont reliées à Allah. L’âme d’un croyant est plus liée à Allah que la lumière du Soleil ne l’est au Soleil».

Il a dit aussi:

«Un croyant est le frère d’un autre croyant. Il est son oeil et son guide. Il ne le trahit jamais. Il ne le déçoit pas et ne revient point sur une parole qu’il donne».

Nous voyons que le lien spirituel entre deux croyants doit être suffisamment solide pour prévenir le danger de toutes sortes de malices et de tricheries, afin que tous les deux puissent se sentir absolument en sécurité.

Le lien religieux gravite autour de la foi en Allah. Si les droits de la fraternité religieuse ne sont pas respectés, le lien avec Allah sera rompu. Nous remarquons à travers le récit suivant, qui constitue un parmi des centaines de récits concernant ce sujet, que le lien de l’amitié avec Allah ne peut être maintenu que si les droits des coreligionnaires musulmans sont respectés; autrement il serait coupé et rendu caduc. Ce récit fait état de certains droits et obligations mutuels des Musulmans:

L’un des compagnons de l’Imam al-Çâdiq (P) demanda à ce dernier: «Quels sont les devoirs d’un Musulman envers un autre Musulman?» L’Imam répondit: «Il y a sept devoirs qui sont tous obligatoires. Quiconque viole l’un d’eux aura désobéi à Allah, et sera privé de Sa faveur».

– «Quels sont ces devoirs?» demanda encore le compagnon.

– «Je crains que tu omettes de les respecter après les avoir connus», répondit l’Imam.

– «Je demanderai l’aide d’Allah» rétorqua le compagnon.

L’Imam se mit donc à les énumérer:

«Le plus facile d’entre eux est celui qui veut que tu aimes pour lui (ton frère musulman) ce que tu aimes pour toi-même, et que tu détestes pour lui ce que tu détestes pour toi-même.

Le deuxième devoir veut que tu évites de déplaire à un autre Musulman et que tu accèdes à ses requêtes.

Le troisième devoir est de l’aider physiquement et financièrement.

Le quatrième devoir est de le guider vers le Droit Chemin, et d’être ses yeux et le miroir à travers lequel il pourrait voir la vérité.

Le cinquième devoir est que tu ne dois pas avoir mangé ni bu à satiété alors qu’il a faim et soif. Tu dois t’assurer que quand tu es bien vêtu, il n’est pas dénudé.

Le sixième devoir consiste en ceci que, si tu as un serviteur, et qu’il n’en a pas, tu dois lui envoyer le tien pour laver ses vêtements, préparer son repas, et faire son lit.

Le septième devoir est que tu dois le croire lorsqu’il affirme quelque chose sous serment, accepter son invitation, lui rendre visite s’il est malade, et assister à ses funérailles. Si tu sais qu’il a besoin de quelque chose, fais de ton mieux pour le satisfaire avant qu’il ne te demande de l’aider. Si tu agis ainsi, tu auras, alors seulement, établi ton lien religieux avec lui et renforcé les relations amicales et fraternelles entre lui et toit».

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