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SHAFAQNA – Deutsche Welle | par Sandrine Blanchard : Aujourd’hui, dans les journaux allemands: le débat sur l’interdiction du port du voile pour les filles en-dessous de 14 ans prévue dans un Land de l’ouest de l’Allemagne, mais aussi le ton de Donald Trump concernant d’éventuelles frappes en Syrie.

Ne pas sexualiser la fillette

La région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie souhaite interdire le port du voile islamique aux jeunes filles, “d’ici à la fin de l’année prochaine”, d’après ce que la Secrétaire régionale à l’Intégration, Serap Güler (membre de la CDU, le parti d’Angela Merkel), fait savoir au Kölner Stadt-Anzeiger.

L’argument avancé par le gouvernement régional est qu’il “faut parfois protéger la fillette de la volonté de ses propres parents, afin de garantir son plein épanouissement”, comme le relate die tageszeitung. Si le voile islamique est destiné à cacher les charmes féminins pour protéger la femme de la concupiscence masculine, inutile de “sexualiser” une petite fille à outrance.

Deutschland: Schülerin mit Kopftuch, Debatte NRW (picture-alliance/dpa/W. Kastl)

La Süddeutsche Zeitung estime qu’un débat sur l’islam est salutaire, s’il est bien mené, afin de redéfinir ensemble la tolérance et ses limites.

Le point positif, écrit la SZ, est que la discussion sur le port du voile pour les petites filles, tout comme les déclarations du ministre de l’Intérieur selon lesquelles « le musulman a sa place en Allemagne, mais pas l’islam » ont le mérite de ne pas laisser l’apanage de ce débat de société à l’extrême-droite.

Mais le journal de Munich rappelle que la discussion en  Rhénanie-du-Nord-Westphalie est partie d’un cas isolé et que seules sept petites filles d’école primaire ont été recensées comme portant le voile. Pour y remédier, on a besoin de bons directeurs d’établissements scolaires, pas d’une nouvelle loi.

Lire aussi: Belgique : l’enseignement officiel flamand veut l’interdiction du voile à l’école

“Trump a-t-il toute sa tête ?”

La Frankfurter Allgemeine Zeitung, elle, revient sur les tweets menaçants de Donald Trump enjoignant à la Russie de “se tenir prête”pour le largage d’éventuels missiles américains sur la Syrie. “A-t-il encore toute sa tête ?”, se demande le quotidien. “Sa volonté frivole de toute-puissance ne connait-elle donc aucune limite ?”.

La FAZ s’offusque de ce ton “qui est celui d’un chef de bande” de loubards et ne sied pas à ses hautes fonctions.

Un point de vue partagé par la Süddeutsche Zeitung qui note “Il a peut-être des missiles, mais aucune stratégie”. La SZ met toutefois à égalité les capacités de mensonges, de provocation et la rhétorique de voyou de Donald Trump et Vladimir Poutine. Ces deux hommes se ressemblent et leur confrontation est potentiellement dangereuse, comme celle du “diable avec Belzébuth”.

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