Le nombre de « chrétiens blancs » diminue; Aux États-Unis

Un récent sondage mené sur plus de 100 000 Américains révèle le déclin significatif de blancs se déclarant chrétiens. Les chrétiens « non blancs » et les Américains se disant sans religion sont, quant à eux, de plus en plus nombreux.

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Prière dans une église presbytérienne en Virginie, janvier 2016. / NICHOLAS KAMM/AFP

ShafaqnaPar Mélinée Le Priol –  Il y a 40 ans, les personnes se disant blanches et chrétiennes représentaient 81 % de la population des États-Unis. Ils étaient encore 65 % il y a vingt ans, 54 % il y a dix ans, et ne sont plus que 43 % aujourd’hui.

C’est sans doute le principal enseignement d’un sondage mené en 2016 par le très sérieux Public religion research institute (PRRI) auprès de 101 000 Américains des 50 États. Cette étude, intitulée « America’s changing religious identity » et dont les résultats ont été publiés cet été, serait l’une des plus importantes, quantitativement, jamais conduites sur l’identité religieuse des Américains.

Les « sans religion » à la hausse
Parallèlement à l’érosion de la population blanche et chrétienne, le sondage confirme que la proportion d’Américains se disant sans religion a considérablement augmenté ces dernières décennies. Ils représentent désormais un quart des sondés, soit plus du triple qu’il y a quarante ans (7 %).

« Beaucoup d’Américains se disent aujourd’hui sans religion alors qu’en 1976, ils se seraient vraisemblablement dits protestants », avance Lauric Henneton, spécialiste des questions religieuses aux États-Unis et maître de conférences à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. « À l’époque, être chrétien était une identité culturelle, c’était une partie de l’américanité et on ne se posait pas forcément de questions. »

Le spécialiste précise que parmi ces « sans religion », les athées et les agnostiques ne sont en fait qu’une minorité : « Les Américains qui se disent non affiliés à une religion sont des groupes très disparates qui ont pour seul point commun de ne se reconnaître dans aucune des religions. Certains se disent malgré tout spirituels, croyants et même pratiquants. »

À l’origine de ce sentiment, on trouve notamment une méfiance à l’égard des institutions religieuses traditionnelles. Elle va parfois de pair avec une méfiance vis-à-vis des institutions en général, comme par exemple les partis politiques.

Davantage de chrétiens « non blancs »
Autre constat de cette étude du PRRI : la croissance des populations chrétiennes non blanches. Aujourd’hui, un tiers des protestants américains ne sont pas blancs. Les Églises les « moins blanches » sont les pentecôtistes (17 % de fidèles noirs et 25 % d’hispaniques) et les baptistes (30 % de fidèles noirs et 5 % d’hispaniques).

« L’immigration non blanche a été très importante dans les années 1990 et 2000, avant de ralentir à la fin des années 2000 », rappelle Lauric Henneton.

Au sein de l’Église catholique aussi (environ 20 % des Américains), l’étude révèle une réelle « transformation ethnique », ainsi que géographique.

Ainsi, le nord-est du pays n’est plus l’épicentre du catholicisme américain – bien que le Rhode Island reste l’État le plus catholique du pays avec un taux de 41 % – et son centre de gravité s’est largement déplacé vers les États du sud. Si les catholiques n’étaient que 13 % à vivre dans le Sud du pays et 18 % dans l’Ouest en 1972, ils sont désormais 29 % dans le Sud et 25 % dans l’Ouest.

Enfin, les groupes religieux non chrétiens ont plutôt tendance à croître, mais ils continuent de ne représenter qu’un Américain sur dix. Les juifs américains sont 2 % de la population, et les musulmans, les bouddhistes et les hindous sont 1 % chacun.

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