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SHAFAQNA – AFP : Selon les analystes, la Première ministre Sheikh Hasina – qui a inauguré jeudi neuf de ces nouveaux lieux de culte via liaison vidéo – essaye de courtiser les organisations musulmanes à l’approche des élections législatives qui doivent se tenir en décembre.

Au nom de la lutte contre l’extrémisme, un total de 560 “mosquées modèles” seront érigées sur deux ans et demi, a déclaré à l’AFP Shahmim Afzal, responsable du département public des affaires islamiques.

Ces mosquées prêcheront contre la “philosophie islamique déformée” de formations comme le grand parti islamiste d’opposition bangladais Jamaat-e-Islami ou les Frères musulmans d’Égypte, a-t-il dit.

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Le Bangladesh est confronté ces dernières années à une recrudescence d’attaques jihadistes. Mais la brutale répression des forces de l’ordre, consécutive à l’attentat dans un café de Dacca à l’été 2016, semble avoir affaibli ces mouvements.

Les nouveaux lieux de culte seront ouverts aux femmes, à l’inverse de la majorité des 300.000 mosquées existantes dans ce pays pauvre d’Asie du Sud à 90% musulman.

Coûtant 150 millions de takas (1,5 million d’euros) à l’unité, ils disposeront également d’un centre culturel équipé d’une bibliothèque.

Plusieurs officiels bangladais, dont Shahmim Afzal, avaient indiqué l’année dernière que le projet serait financé dans sa quasi-totalité par l’Arabie saoudite. Une information démentie par la suite par un haut responsable saoudien.

Interrogé à ce sujet par l’AFP, M. Afzal a confirmé que le projet était bien financé en partie par le royaume du Golfe. “Ils ont déjà envoyé une part des fonds”, a-t-il déclaré, sans en révéler le montant.

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Les défenseurs de la laïcité et les membres des minorités (soufis, hindous…) regardent cette initiative d’un oeil circonspect. Ils craignent que ces mosquées ne servent de tête de pont pour la propagation d’un wahhabisme ultra-conservateur dans la société bangladaise.

Abandonnant l’islam modéré qui a prévalu pendant des générations, le Bangladesh glisse depuis une décennie vers un islam de plus en plus rigoriste.

Pour des observateurs cependant, ce projet sert avant tout les visées politiques de la Première ministre, au pouvoir depuis 2009 après un premier mandat entre 1996 et 2001.

Sheikh Hasina “ajuste sa position laïque en glissant vers une position islamiste plus à droite” pour gagner des voix, estime Ataur Rahman, président du Centre for Governance Studies de Dacca.

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