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Après une visite de trois jours en Israël et les Territoires palestiniens, le chef du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer a constaté que les habitants de la bande de Gaza perdaient espoir, qualifiant de « désastreuse » la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne. / MAahmud Hams/Afp

Shafaqna – Après une visite de trois jours en Israël et les Territoires palestiniens, le chef du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer a averti la communauté internationale et les responsables politiques locaux que les habitants de la bande de Gaza perdaient espoir, qualifiant de « désastreuse » la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne.

Une bande de Gaza « invivable » d’ici à 2020
Il a constaté que les conditions de vie y empiraient de jour en jour, avec ses deux millions d’habitants recevant uniquement trois à quatre heures de courant électrique par jour. Ces pénuries d’électricité ont provoqué une crise dans le système de distribution de l’eau et des eaux usées, qui, à son tour, a de graves répercussions sur la santé publique, a-t-il souligné. L’ONU a averti que cette enclave risque de devenir « invivable » d’ici à 2020. Ne disposant plus d’eau potable, la population, qui en a les moyens, est obligée d’acheter de l’eau en bouteille.

Au cours de cette visite, le patron du CICR a rencontré Yahya Sinouar, désigné en février à la tête du Hamas, le mouvement islamiste qui dirige la bande de Gaza depuis 2007, les organisations de la société civile palestinienne, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Une « crise de l’espoir »
Écartant les raisons politiques de la crise, pour ne considérer que le plan strict de sa compétence, l’humanitaire, le chef de l’organisation suissea placé les responsables face à leurs responsabilités : « Nous pouvons toujours débattre de la question de qui a pris telle décision et pour quelle raison, mais en attendant les conséquences sur le plan humanitaire (…) sont désastreuses et vraiment inacceptables », a-t-il déclaré de retour à Jérusalem, déclarant que « l’impression la plus tenace » qu’il avait eue dans la bande de Gaza était une « crise de l’espoir »au sein de la population.

La bande de Gaza, qui compte quelque deux millions d’habitants, est soumise depuis dix ans à un rigoureux blocus de l’État hébreu – la liste des biens et matériaux destinés à la reconstruction comme à la vie quotidienne des habitants doit être approuvée par l’État hébreu pour entrer dans le territoire palestinien –, doublé d’une fermeture quasi permanente par l’Égypte de sa frontière depuis 2013.

Une enclave sous perfusion humanitaire
Une grande partie de ses infrastructures comme des habitations ont été détruites lors des trois conflits avec Israël en décembre 2008-janvier 2009, novembre 2012 et juillet-août 2014 qui ont littéralement dévasté le territoire, entraînant la mort de 2 251 Palestiniens (dont 1 462 civils) et de 74 Israéliens (dont 6 civils), selon l’ONU.

Les blocus israélien et égyptien étouffent l’économie gazaouie. Le taux de chômage s’élève à 42 %, et 80 % des habitants sont tributaires d’une aide, selon la Banque mondiale. L’ONU et les organisations humanitaires sont des acteurs primordiaux, notamment l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, qui emploie 12 500 personnes et dispose d’un réseau d’écoles pour les enfants à Gaza.

« Je veux assurer la population de Gaza et les autorités ici que le CICR continuera à faire de son mieux pour aider ceux qui souffrent le plus de la situation », a toutefois réaffirmé le patron du CICR.

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