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fr.shafaqna - La philosophie de la Ziarat des imams

SHAFAQNA – Ziarat est un terme arabe signifie tendre vers, avouer de l’engouement pour.[1] Dans le terme technique, cela traduit la présence de auprès de quelqu’un qu’on part visiter dans le but de lui traduire le respect et la révérence[2]. Elle a trois piliers fondamentaux :

1 – Le visiteur c’est-à-dire celui qui éprouve de l’engouement et le penchant pour quelqu’un ou quelque chose.

2 – Le visité : c’est la personne ou la chose vers laquelle on se rend.

3 – Cette disposition interne qui fait en sorte que le visiteur ait en lui le fait de vouloir respecter et honorer quelque ou quelque chose.

La Ziarat ne sera jamais conforme tant que ces trois éléments ne sont réellement pas réunis en quelqu’un.

Plus le visiteur a la connaissance et l’illumination profonde par rapport à la personne visitée, la mémoire de  cette personne visitée bénéficie davantage de perfection et en même temps, l’effet de la Ziarat sera encore plus élevé. Etant donné que l’âme de l’être humain est quelque chose d’abstrait, de virtuel et d’éternel, cela signifie qu’elle ne disparait pas avec la mort. Elle passe juste d’un monde plus petit vers un monde plus large. En réalité, l’âme se libère de la prison du corps. Donc lorsque le visiteur va sur le lieu où on a enterré quelqu’un et établie la relation avec lui, cette relation se présente comme une relation entre un vivant et un autre vivant.

Abou Ali Sina dit : « le visiteur qui va avec toute son existence matérielle et spirituelle vers la tombe de quelqu’un, demande le soutien de la mémoire de cette personne afin de bénéficier davantage de bienfaits ou d’éloigner toute forme de mal. Pour des raisons que l’âme de celui qui est décédée est partie de ce monde, et la similarité qu’elle a acquise avec d’autres âmes abstraites font en sorte que cela apporte davantage d’effet et de perfection. Et comme le visiteur va vers la tombe du mort avec corps et âme, il profite également du point de vue matériel et du point de vue spirituel »[3].

A partir de cette définition sur la Ziarat, la mort et la vie de la personne représentent pratiquement la même chose pour le visiteur, Il le considère comme présent, témoin. On a plusieurs hadiths qui mentionnent et confirment ce fait. Dans ces hadiths on lit que la vie et la mort des infaillibles c’est la même chose.

En effet, le messager de Dieu dit : «quiconque me rend visite après ma mort c’est comme s’il m’aurait rendu visite quand j’étais vivant et je suis témoin pour lui dans tous les deux cas, je prends la responsabilité d’intercéder pour lui le jour du jugement »[4]. De même, l’éloignement et la proximité n’ont aucun sens pour lui. Le messager de Dieu dit encore : « quiconque me visite après ma mort sera comme s’il m’aurait visité à l’poque où j’étais en vie et s’il n’a pas pu venir jusqu’à ma tombe, il peut m’adresser des salutations. Sachez que ces salutations et ces prières me parviennent »[5]. Si nous confessons dans certains livres d’invocations que les morts ne sont pas morts, c’est pour que le visiteur ou le pèlerin prenne conscience qu’il est en train de parler à un être vivant et qu’il rend visite à un vivant. Dans la Ziarat ul imam Hossein, nous lisons : « je témoigne que tu entends et que tu me réponds »[6]

Certes il vrai que l’âme du défunt ne connait ni le temps ni le lieu. Alors quel que soient le lieu et le temps, le visiteur peut se tourner vers le défunt et solliciter son aide. Mais par rapport à l’importance particulière que l’âme du défunt a vis-à-vis de son corps, lorsqu’on est prêt de la tombe, la situation est encore plus différente. La possibilité de rapprochement et de consolidation est plus forte lorsqu’on est prêt de tombe.

Car après s’être séparés corps, l’âme entretien toujours en quelque sorte une relation avec ce corps physique. C’est pour cette raison qu’on remarque souvent que certains corps ne se dégradent pas vite après qu’on les ait introduits sous terre. Même comme les avis sont divergents au sujet de la manière dont cette relation se produit[7], c’est dans ce sens qu’on remarque dans la Ziarat davantage qu’un état spirituel se crée en l’individu et la cadre pour une relation spirituelle se prépare, l’âme de l’homme se purifie des petites zones d’ombres et  les préoccupations diminuent au maximum. En acquérant une force et plus d’honneur, l’âme profite davantage de la situation.

Dans la Ziarat consciente des imams infaillibles en tant que visite des hommes parfaits et des guides de Dieu, on obtient beaucoup d’avantages matériels et spirituels qu’on peut considérer comme sa philosophie. Nous en évoquons quelques unes ici :

1 – La relation avec Dieu : l’obéissance aux imams s’assimile à l’obéissance à Dieu et leur désobéir est équivalent à désobéir à Dieu. Quiconque les suit en réalité suit Dieu. Quiconque les glorifie et les honore glorifie et honore Dieu.

2 – La Ziarat est in moyen d’affection et d’attachement à Dieu : en effet, la religion n’est rien d’autre qu’affection et amour. Les imams sont les êtres que Dieu aime et le fait d’aimer ce que Dieu aime c’est aimer Dieu. La visite des tombes des Ahl-ul-bayt (as) est un aspect de manifestation de cet amour et de cette affection.[8]

3 – Honneur et vénération des hommes parfaits : «les imams infaillibles sont des exemples palpables d’hommes parfaits qui possèdent toutes les perfections possibles sans aucune forme de défaut. C’est dans ce sens que dans le célèbre hadith Thaqaleyn, ils sont placés parallèlement au coran. Ils sont l’exemplaire pratique du coran. Honorer et vénérer les Ahl-ul-bayt (as) c’est honorer et vénérer leur statut de calife de Dieu. La visite de leurs tombes apparait comme une manière d’exprimer cet honneur et cette gratitude.

4 – Renouveler l’allégeance avec l’homme parfait : les imams Ahl-ul-bayt (as) au cours de toute leur vie sur terre  s’employaient à accomplir leur mission sacrée et concrétiser les idéaux supérieurs. Ils avaient besoin de l’assistance des amis fidèles qui étaient particulièrement rares à cette époque.  C’est pour raison que la plupart de ces grands n’ont pas été concrétisés. La visite des imams est une manière de renouveler l’allégeance et la loyauté pour la concrétisation de ces objectifs.

5 – La Ziarat est une relation avec l’homme et la connexion avec la substance humaine.

6 – La visite des imams est synonyme de la foi et l’expression de l’humilité par rapport à la religion.

7 – Se désintéresser du bas monde, se souvenir de la mort, éloigner tout les obstacles qui empêchent d’évoluer vers la perfection.

8 – La religion islamique insiste beaucoup sur le coté social comme par exemple le Hajj, la prière en assemblée et la présence dans les assises et les cérémonies, il est certes évident que cela apporte beaucoup d’utilités.

Lorsque nous procédons à l’analyse de cette question, nous constatons que la Ziarat a beaucoup d’importance, d’effet et de bénédictions. L’un de ses effets est qu’aussi longtemps qu’un musulman n’a pas encore réalisé l’importance de la communauté islamique, lorsqu’il vit un bout de temps dans la communauté avec les croyants, il obtient une forme de certitude et de sérénité par rapport à la communauté islamique.

De même, les mécréants et les non musulmans lorsqu’ils regardent ce rassemblement, ils se détournent ne serait que pour un bout de temps de l’accomplissement des mauvais actes. C’est le strict minimum d’unité que cela renferme pour la communauté islamique. Les spécialistes en criminologie disent que dans ces moments tels que le mois de ramadan, les crimes et délits diminuent. Cela a beaucoup d’utilités qu’on ne saurait tout énumérer ici.

L’importance politique que ces genres de situation engendrent est une évidence pour tout le monde. Nous avons entre autre l’union, la solidarité qui constitue un facteur très important pour affronter les ennemis. En effet, lorsque les ennemis voient comment les visiteurs se regroupent, ils prennent leur cas de manière particulière. C’est pour cela que nous voyons que même les parties laïques pour faire preuve d’affrontement de résistance et de démonstration de force  par rapport aux opposants, ils organisent les meetings et les grands rassemblements.


Référence : 

[1] – Moufradat fi Garib ul Qor’an, Raguib Esfahani, page 387, 1ère impression, Darul Shamiya, Beyrouth, 1416 hégire lunaire.
[2] – Fakhroudine Tourehi, vol 3, page 320, 2ème impression, Maktabat ul Mortadhawiya, 1365.
[3] – Rassa il ul Ibn Sina, page 338 rapporté par Jawadi Mortadha, la philosophie des Ziarat et leurs fondements.
[4] – Kamil ul ziarat, ibn Kouliwé Qomi, page 47, 1ère impression, Mortadhawiya, Najaf, 1356 hégire lunaire.
[5] – Safinatoul Bahar, Sheikh Abbas Qomi, vol 3, page 518, 2ème impression, les editions Ouswa, Qom, 1416 hégire lunaire.
[6] – Mafatih ul Jinan, Sheikh Abbas Qomi, Ziarat ul imam Hossein, à la mi-mois de Rajab, page 798, 2ème impression, les édiitons Armane, Qom, 1380 hégire solaire.
[7] – Consultez philosophie de la Ziarat et ses fondements, page 27.
[8] – Sabayeh Hajj, Abdoullah Jawad Amoli, page 489, 2ème impression, les éditions Israr, Qom, 1378 hégire solaire.

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