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SHAFAQNA – AFP : Le Parlement grec a aboli mardi le régime spécifique imposant le recours à la charia pour le règlement des affaires familiales de la minorité musulmane du pays, une réforme qualifiée d’«historique» par le premier ministre Alexis Tsipras.

Le projet de loi a été adopté en début de soirée, tous les partis s’étant prononcés en sa faveur au cours des débats, à l’exception des élus néonazis d’Aube Dorée, a précisé le bureau de presse du Parlement.

M. Tsipras a salué un «pas historique», dans un communiqué.

«Le projet de loi sur la charia élargit l’égalité devant la loi à tous les Grecs» dans le «respect des caractéristiques de la minorité», installée en Thrace, dans le nord-est du pays, a-t-il souligné.

Le texte, réclamé de longue date par les défenseurs des droits de l’Homme, impose la compétence d’office des tribunaux civils pour le règlement des mariages, divorces et héritages de la minorité, quelque 110 000 personnes d’origine turque, rom ou pomaque.

Le recours à la juridiction islamique, sous la compétence de trois muftis, des juges religieux nommés par l’État grec, ne devient possible qu’en cas d’accord de tous les intéressés.

Depuis près d’un siècle, les affaires familiales de la minorité relevaient de la compétence des muftis.

Ce statut avait été mis en place après le Traité de Lausanne de 1923 fixant les frontières entre la Grèce et la nouvelle Turquie issue de l’Empire ottoman.

Le gouvernement grec de gauche a décidé de franchir le pas alors que la Cour européenne des droits de l’Homme doit se prononcer en 2018 sur une plainte d’une veuve de la minorité, Molla Salli, 67 ans.

Cette dernière avait recouru à l’instance européenne après que ses droits à hériter de son mari selon la loi grecque ont été déniés par un jugement de la Cour suprême grecque. Saisie après un recours des soeurs du défunt, la Cour avait renvoyé en 2015 Mme Salli sous la juridiction du mufti.

«Le régime actuel ne nous fait pas honneur en tant que pays de l’Union européenne», avait relevé en novembre M. Tsipras, lors d’une visite en Thrace.

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