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SHAFAQNA – El Watan / Zine Cherfaoui : Sorti une journée plus tôt que prévu, le livre intitulé Fire and Fury : Inside the Trump White House (Le Feu et la Fureur : A l’intérieur de la Maison-Blanche de Trump) de Michael Wolff, fait déjà trembler la Maison-Blanche. Les premiers exemplaires se sont vendus vendredi en quelques minutes. L’ouvrage présente un «président fondamentalement incompétent» entouré d’une équipe «dépassée» par les événements et «minée par les conflits interpersonnels». Selon Michael Wolff, tout le monde à la Maison-Blanche aurait des doutes sur ses capacités intellectuelles et sur sa santé mentale.

Il soutient en outre que «Donald Trump se répéterait très souvent, mot pour mot, sans s’en rendre compte, et ne reconnaîtrait même plus ses amis de longue date». La Maison-Blanche a passé ces dernières quarante-huit heures à démentir ces allégations. Mais bien que démenties, les révélations contenues dans Le Feu et la Fureur ont mis Donald Trump dans une colère noire. Soupçonnant l’existence de «taupes», la Maison-Blanche a pris des mesures pour arrêter la saignée.

Ses employés ne pourront plus utiliser leur téléphone portable sur leur lieu de travail. «Cela donne une idée sur l’ambiance de suspicion qui règne à Washington. Donald Trump, 71 ans, a plusieurs fois accusé ses employés d’appeler les journalistes dans son dos», révèlent des titres de la presse américaine. Des sources soutiennent que Trump tente de faire interdire «un livre dingue».

«Le roi est nu»

Michael Wolff estime que ses révélations vont probablement contraindre l’ancien magnat de l’immobilier à quitter la présidence des Etats-Unis. «Je pense que l’un des aspects intéressants du livre à ce stade est qu’il a clairement un effet ‘‘le roi est nu’’», considère-t-il dans un entretien diffusé hier par la BBC.

L’ouvrage paru montre «qu’il ne peut pas faire son travail», poursuit Michael Wolff. «Soudain, les gens se disent partout : ‘‘Oh mon Dieu, c’est vrai, il n’a pas de vêtements’’ ! C’est le contexte à l’origine du sentiment et de l’idée qui mettront fin […] à cette présidence», conclut-il. Wolff assure, à ce propos, que Trump a été choqué et pris au dépourvu par sa victoire électorale. Il révèle également que «personne ne s’y attendait et aucun préparatif n’avait été fait pour la transition».

Le premier responsable à être venu à la rescousse de Donald Trump est le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson. Il est monté au créneau pour défendre l’aptitude mentale du président américain. «Je n’ai jamais remis en cause son aptitude mentale, je n’ai aucune raison de douter de son aptitude mentale», a dit Rex Tillerson lors d’une interview sur CNN diffusée vendredi. «Il n’est pas comme les présidents d’avant», a justifié le secrétaire d’Etat, qui n’avait pas démenti personnellement avoir traité en privé le président de «débile» l’été dernier, bien que sa porte-parole l’ait fait.

L’appui de Rex Tillerson

Dans une salve de tweets matinaux vantant ses facultés intellectuelles, le président américain, Donald Trump, a déclaré hier, quant à lui, être un «génie très stable». «Tout au long de ma vie, mes deux atouts ont été ma stabilité mentale et le fait d’être, genre, très intelligent», a-t-il écrit depuis la résidence présidentielle de Camp David. «Je suis passé d’homme d’affaires ‘‘très’’ prospère à grande star de la télé et à président des Etats-Unis (à mon premier essai).

Je pense qu’on peut me qualifier non seulement de malin, mais de génie… et un génie très stable en plus !» a-t-il continué. «Maintenant qu’il a été prouvé que la collusion avec la Russie est une fable complète, et que la seule collusion ayant existé était entre Hillary Clinton et le FBI/Russie, les médias ‘‘fake news’’ et ce nouveau livre bidon attaquent sur tous les fronts imaginables. Ils devraient essayer de gagner une élection.

Triste !» avait-il tweeté aussi vendredi, en réponse aux grands journaux américains ayant repris dans leurs colonnes de longs extraits de l’ouvrage de Michael Wolff. Les médias américains rappellent que les critiques envers Donald Trump ne sont pas totalement nouvelles. Fire and Fury, indiquent-ils, vient grossir le réquisitoire qu’avaient, en 2015 et 2016, déjà engagé Hillary Clinton et les adversaires républicains de l’homme d’affaires.

Ils ajoutent que, plus récemment, le sénateur John McCain a qualifié le septuagénaire de «mal informé» et d’«impulsif». Le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, Bob Corker, a comparé pour sa part la Maison-Blanche à une «halte-garderie pour adultes». «Je sais de source sûre que chaque jour, à la Maison-Blanche, le but est de le contenir», avait-il dit en octobre dernier. 

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