Elle risque la prison pour un commentaire sur facebook

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SHAFAQNA – Six mois de prison et une amende ont été requis mardi matin au Tribunal de Luxembourg dans une affaire d’incitation à la haine.

Une femme de 40 ans est poursuivie pour s’être acharnée contre les musulmans sur facebook en septembre dernier, en rapport avec un incident survenu dans un train allemand.

Et cela avec une citation particulièrement virulente qui faisait directement référence au prophète. Pour la représentante du Parquet, l’accusation d’incitation à la haine était établie, car, d’une part, une distinction religieuse était faite entre les humains et que d’autre part, une réaction devait être provoquée contre les musulmans. En ce qui concerne l’usage du terme “prophète”, il n’y a pas 36 possibilités, selon la représentante du Parquet, qui a parlé d’un message clair et qui a dit qu’elle espérait que tout cela servirait de leçon à l’accusée.Un policier de la PJ avait auparavant expliqué que, dans l’article que la prévenue avait commenté, il était question d’une accompagnatrice de train en Allemagne, qui avait été traitée de “s…” par des hommes. La religion de ces hommes n’était pas précisée dans l’article, mais l’accusée avait présupposé qu’il s’agissait de musulmans.

Mardi matin, la prévenue a commencé sa déposition par la phrase «Qu’est-ce que je vais dire là-dessus ?». Avec ses écrits, elle avait peut-être un peu débordé la cible  et elle aurait dû lire l’article. Mais elle avait eu des expériences analogues ces derniers temps et elle avait pensé que cette femme avait été dans le même cas. Elle était furieuse parce qu’une femme avait été attaquée, et la phrase avec le prophète avait malheureusement été exprimée.

Pour son avocat, les déclarations de la femme ne constituaient pas une incitation à la haine. Selon Maître Mioli, ces écrits, même s’ils étaient blasphématoires, n’atteignaient pas ce niveau de haine à l’encontre des musulmans, qui mène à l’incitation. Dans d’autres affaires de ce genre, les propos étaient plus clairs. Ici, il s’agissait du souhait exprimé par l’accusée que la femme se défende et que les hommes soient sanctionnés. Voilà pourquoi il a demandé sa relaxe. Un avis qui n’était pas partagé par le Parquet.

Le verdict sera rendu le 6 juillet.

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