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fr.shafaqna - Birmanie: le pape appellee à l’unité sans parler des Rohingyas

SHAFAQNA – IQNA : Le Souverain Pontife a rencontré la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, mardi, pour aborder notamment la question de l’exode de centaines de milliers de membres de la minorité musulmane.

Le pape François était en visite, mardi, dans la capitale administrative Birmane Naypyidaw, où il a rencontré la dirigeante du pays Aung San Suu Kyi, après une première rencontre au Vatican en mai dernier. Lors de ce voyage, le Souverain Pontife était attendu sur la question de l’exode des musulmans Rohingyas réfugiés au Bangladesh. Il s’est souvent ému, depuis Rome, du sort réservé aux Rohingyas «torturés et tués en raison de leurs traditions et de leur foi».

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Depuis fin août, plus de 620.000 musulmans rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh, fuyant viols, meurtres et tortures perpétrés par des soldats birmans et des milices bouddhistes. Les Nations unies estiment qu’il s’agit d’un «cas classique d’épuration ethnique».

Lors de son discours prononcé devant les autorités civiles du pays, le Pape a apporté son soutien à la politique d’Aung San Suu Kyi. François a appelé au «respect de tout groupe ethnique et au respect des droits de l’Homme» mais a évité d’employer le mot «Rohingya». Aucune référence directe à l’exode de la minorité n’a été faite. L’Église catholique locale lui avait conseillé de ne pas contrarier la population birmane majoritairement bouddhiste, en particulier les extrémistes. L’archevêque Charles Bo, premier cardinal du pays, avait ainsi recommandé au Pape de parler plutôt des «musulmans de l’État Rakhine».

Le pape François a aussi fermement défendu le travail de la communauté internationale qui s’inquiète du sort réservé aux Rohingyas rappelant la Déclaration universelle des droits de l’Homme «comme base aux efforts de la communauté internationale pour promouvoir dans le monde entier la justice, la paix, et le développement humain». Il a également salué le rôle des religions qui doit être «une force pour l’unité» plutôt qu’une «source de division et de méfiance».

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De son côté, la prix nobel de la paix Aung San Suu Kyi s’est engagée à «protéger les droits» et à «promouvoir la tolérance pour tous». Elle a déclaré que le gouvernement birman avait pour objectif «de faire ressortir la beauté de leur diversité et à la renforcer en protégeant les droits, en encourageant la tolérance, et en garantissant la sécurité pour tous». L’Église birmane a, elle aussi, défendu la prix Nobel de la paix face aux nombreuses critiques sur son manque d’empathie par rapport à cette minorité. Lundi, la ville d’Oxford, où Aung San Suu Kyi a résidé, lui a retiré le prix de la Liberté qu’elle lui avait décerné, en raison de son inaction dans ce dossier.

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Après quatre jours en Birmanie, le Souverain Pontife se rendra jeudi au Bangladesh qui accueille, au total, plus de 900.000 Rohingyas dans des camps de fortune.

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