Pratiques « nazies »: Berlin accuse Erdogan d’avoir « franchi une limite »

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SHAFAQNA –  « Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles », a déclaré Sigmar Gabriel au quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi, « c’est la raison pour laquelle j’ai fait savoir très clairement à mon homologue turc (Mevlut Cavusoglu, ndlr) qu’une limite avait été ici franchie » suite aux propos « choquants » de Recep Tayyip Erdogan.

Le président turc s’en est pris personnellement dimanche à Mme Merkel, l’accusant de « pratiques nazies », en référence à l’interdiction de meetings électoraux en faveur du oui au référendum turc du 16 avril sur l’extension de ses pouvoirs.

La Turquie avait déjà accusé au début du mois l’Allemagne d’user de pratiques « nazies » en empêchant des meetings, et en refusant la participation de ministres turcs, provoquant une vive réaction à Berlin, Bruxelles et Paris.

Les Pays-Bas, qui ont également empêché la venue de ministres turcs, ont été accusés dans les mêmes termes.

« Quand on les traite de Nazis, cela ne leur plait pas. Ils manifestent leur solidarité. En particulier Merkel », a déclaré M. Erdogan dimanche dans un discours télévisé.

« Mais tu a recours en ce moment à des pratiques nazies », a-t-il lancé à l’adresse de la chancelière.

Proche de la chancelière, Julia Klِckner, vice-présidente du parti conservateur CDU, a appelé à répondre avec fermeté : « est-ce que M. Erdogan a encore tous ses esprits ? », s’est-elle interrogée devant la presse, appelant à supprimer « les aides financières qui se montent en milliards d’euros de l’Union européenne ».

Elu dimanche président du parti social-démocrate allemand SPD et challenger de Mme Merkel aux législatives du 24 septembre, Martin Schulz a jugé les propos de M. Erdogan « indigne d’un chef d’Etat ».

« La Turquie est en train d’évoluer vers un Etat autoritaire », a estimé l’ancien président du Parlement européen sur la chaîne publique allemande ARD.

La Turquie a annoncé dimanche avoir aussi convoqué l’ambassadeur d’Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d’une manifestation de Kurdes lors de laquelle ont été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit, et ont été lancés des appels à voter non au référendum du 16 avril.

La Turquie accuse de longue date l’Allemagne de donner refuge à des militants de la cause kurde notamment. Berlin a jugé ces accusations « aberrantes ».

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